Selon le collectif Jamais Sans Toit, 314 enfants sont actuellement sans solution d’hébergement dans la métropole de Lyon, dont 20 âgés de moins de trois ans. Une situation en hausse, dénoncée par ses représentants dans un entretien accordé à Lyon Capitale.
Le nombre d’enfants sans hébergement dans la métropole lyonnaise continue d’augmenter. D’après les données communiquées par le collectif Jamais Sans Toit, 314 enfants sont actuellement recensés comme étant à la rue sur le territoire, dont 20 bébés de moins de trois ans. Ces chiffres ont été présentés par Juliette Murtin, porte-parole du collectif, lors d’un entretien publié par Lyon Capitale le 23 décembre.
Créé en 2014 à Lyon, le collectif Jamais Sans Toit regroupe principalement des parents d’élèves et des enseignants mobilisés pour venir en aide à des enfants scolarisés ne disposant pas de solution d’hébergement. Selon Juliette Murtin, le collectif poursuit un double objectif : « alerter les pouvoirs publics pour que la loi soit appliquée » et « mettre ces enfants en sécurité la nuit ». Les actions menées reposent notamment sur l’hébergement chez des particuliers, le financement de nuitées d’hôtel et l’occupation nocturne d’établissements scolaires.
Toujours selon les chiffres avancés par le collectif, 23 établissements scolaires seraient actuellement occupés pour permettre l’hébergement temporaire d’enfants et de leurs familles. Le collectif indique avoir consacré environ 102 000 euros au financement de nuitées d’hôtel au cours de l’année écoulée à Lyon, sans subventions publiques, grâce à des dons et à la mobilisation citoyenne. Il fait état d’une hausse d’environ 40 % du nombre d’enfants concernés sur les quatre dernières années.
Juliette Murtin estime que la responsabilité incombe en premier lieu à l’État, évoquant un sous-financement de l’hébergement d’urgence. Elle rappelle que les acteurs de terrain estiment nécessaires la création de 10 000 places supplémentaires pour répondre aux besoins actuels. Ces constats interviennent dans un contexte de hausse du sans-abrisme, notamment chez les mineurs, relevé par plusieurs associations.
À l’approche des élections municipales et métropolitaines de 2026, le collectif Jamais Sans Toit indique vouloir interpeller les candidats sur la question du sans-abrisme infantile. Il prévoit notamment l’organisation de rencontres et la présentation d’une charte d’engagement. Juliette Murtin a également rappelé que, selon les chiffres qu’elle cite, parmi les 912 personnes décédées dans la rue l’an dernier, une trentaine avaient moins de 15 ans.
