L’Institut national de la statistique et des études économiques a publié ce mardi 10 février un rapport analysant la situation des quartiers prioritaires de la politique de la ville en Auvergne-Rhône-Alpes. Selon l’Insee, ces territoires infra-urbains regroupent les ménages aux revenus les plus faibles. En 2020, ces zones comptaient 463 000 habitants à l’échelle régionale, ce qui représente 5,7 % de la population globale. L’étude met en lumière une fracture persistante entre ces quartiers et les établissements publics de coopération intercommunale qui les englobent.
L’accès à l’emploi constitue le principal point de rupture identifié par les statisticiens. D’après le rapport, seulement 47 % des résidents des quartiers prioritaires occupent un emploi, alors que ce taux atteint 66 % pour l’ensemble des habitants des structures intercommunales environnantes. Cette disparité se reflète logiquement dans les chiffres du chômage. L’Insee précise que le taux de chômage s’élève à 26 % dans ces secteurs sensibles, contre 12 % au sein des territoires urbains de référence.
Les données recueillies en 2021 révèlent des nuances géographiques importantes selon les agglomérations de la région. Le taux d’emploi des personnes âgées de 15 à 64 ans oscille entre 47 % et 52 % à Lyon, tandis qu’il se situe entre 43 % et 47 % à Saint-Etienne. La situation apparaît plus dégradée dans des villes comme Moulins, Montluçon ou Valence, où ce même taux d’emploi chute en dessous de la barre des 43 %.

Cette difficulté d’insertion professionnelle s’explique en grande partie par un déficit de qualification. Selon les chiffres de l’Insee, 44 % des résidents de 15 ans ou plus non scolarisés vivant en quartier prioritaire ne possèdent aucun diplôme. En comparaison, ce taux n’est que de 24 % dans les agglomérations concernées. L’institut pointe un écart précoce dès le parcours scolaire : 59 % des moins de 25 ans sont scolarisés dans les quartiers prioritaires contre 68 % dans les structures intercommunales. Ces indicateurs confirment la persistance des inégalités structurelles depuis la définition de ces périmètres en 2014.
