Le Département de la Loire cumule poches de grande pauvreté, loyers modérés et tarifs de transport très avantageux. Résultat: une pression sociale élevée qui plombe le budget 2025. Dans cette configuration, Georges Ziegler fanfaronne, mais reste réduit au rôle d’exécutant. Le pilotage réel est ailleurs.
Les faits qui fâchent
Saint-Étienne concentre une pauvreté bien supérieure à la moyenne départementale: 21% de taux de pauvreté dans l’unité urbaine, contre 15,8% sur l’ensemble de la Loire. Cet écart structurel suffit à tendre durablement l’action sociale. Côté finances, le Département reconnaît un effet ciseaux : droits de mutation à la baisse et dépenses sociales à la hausse. Les DMTO sont passés d’environ 122 millions d’euros en 2022 à 96 millions en 2023. Les solidarités humaines pèsent environ 70% du budget 2025.
Un effet d’aubaine assumé
Sur le périmètre de Saint-Étienne Métropole, l’abonnement STAS propose des tarifs préférentiels pour les demandeurs d’emploi. Ce n’est pas la gratuité intégrale, mais c’est un coût d’accès très bas.
S’ajoute, côté TER, la carte régionale illico Solidaire: jusqu’à 75% de réduction pour les publics en insertion, avec un prix plancher du billet. La mobilité à bas coût est un vrai facteur d’attractivité pour des ménages aux revenus contraints.
Quand transports quasi gratuits, aides cumulées et faible pression locative se rencontrent, certains optimisent les aides au détriment des contribuables. Résultat concret: plus de charges sociales pour le Département, moins d’investissement utile pour ceux qui travaillent et qui cotisent.
Combien de foyers en RSA
La Loire compte des milliers de foyers bénéficiaires du RSA, désormais inscrits d’office à France Travail depuis le 1er janvier 2025. Une partie est suivie dans des parcours socio-pro, mais la masse critique pèse sur les services et les budgets. Parmi les demandeurs d’emploi inscrits, France Travail distingue ceux qui perçoivent le RSA. Cela donne un ordre de grandeur utile du volume suivi dans le département, sans épuiser la totalité des bénéficiaires.
Suivi des bénéficiaires. Ce que la Loire fait… et ne fait pas assez
En droit, l’insertion est encadrée par un contrat d’engagement réciproque, validé par le Département et France Travail. Depuis 2025, la réforme généralise un minimum d’activité hebdomadaire et prévoit des sanctions graduées en cas de manquement. Sur le papier, l’arsenal existe. Dans les faits, l’accompagnement intensif reste limité par les moyens humains disponibles.
Responsabilités : Le président de la Loire, est-il le « pantin d’un système » ?
Depuis des années, aucune politique de suivi intensif et ciblé n’a été mise à l’échelle. Le président de la Loire a laissé filer : peu d’initiatives radicales, pas de conditionnalité crédible, pas de contrôle systématique des engagements. A la fin, ce sont les foyers imposables qui paient la facture.
Ce qu’il aurait fallu faire plus tôt
- Objectiver le phénomène d’appel d’air avec des indicateurs précis sur la mobilité sociale et la tarification, puis ajuster la grille en ciblant les publics réellement prioritaires.
- Accroître le suivi intensif RSA en ciblant les communes et quartiers au taux de pauvreté le plus élevé, dès 2023, quand la réforme a été mise en expérimentation, au lieu d’attendre la généralisation.
- Blinder une trajectoire financière à cycle immobilier bas, en sanctuarisant l’investissement utile et en dépriorisant le reste tant que les DMTO ne repartent pas.
Responsabilité politique
Le président peut tonner. Il ne maîtrise ni la conjoncture immobilière qui assèche les DMTO, ni les règles nationales qui étendent les droits sans compenser à due proportion, ni les flux d’usagers liés aux dispositifs de mobilité à bas coût. Il préside, mais n’a pas les manettes. Le résultat, c’est une politique de l’autruche: communiquer, pétitionner, puis subir.
Qu’il explique. Pourquoi ces choix. Pourquoi ces retards. Pourquoi ces angles morts. Qu’il dise ce qu’il a fait, ce qu’il n’a pas fait, et ce qu’il fera demain pour redresser la trajectoire. Plus de faux-semblants. Le président doit sortir de la communication de confort, affronter la réalité budgétaire et assumer ses responsabilités devant les contribuables.
Ce que l’on peut retenir :
Il prépare juste sa sortie, proprement, avec du politiquement correct.
Sources vérifiées :
– INSEE. Saint-Étienne, indicateurs de pauvreté.
– Département de la Loire. Budget et pression DMTO.
– Le Progrès. Finances du Département: le cri d’alarme du président Ziegler, 27 octobre 2025.
– TER Auvergne-Rhône-Alpes. Carte illico Solidaire, jusqu’à moins 75%.
– Loire. Page RSA et obligations d’insertion.
– Réforme RSA et inscription à France Travail.
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