Avec 170 000 infractions par an, le radar de Cagnes-sur-Mer sur l’A8 est le plus actif de France. Analyse des chiffres et des débats sur la sécurité routière.
Le radar automatique positionné sur l’autoroute A8, au niveau de Cagnes-sur-Mer, s’établit comme le dispositif de contrôle le plus actif du réseau routier français. Avec un volume moyen de 465 infractions constatées chaque jour, cet équipement dépasse les relevés des radars situés au Bourget en Seine-Saint-Denis et à Floirac en Gironde. Selon les témoignages d’usagers recueillis par BFM TV, la configuration des lieux, où l’appareil est partiellement masqué par l’infrastructure, expliquerait cette fréquence élevée de déclenchement.
Cette activité soutenue s’inscrit dans un contexte budgétaire national où les radars automatiques ont généré 889 millions d’euros de recettes en 2024. Pierre Chasseray, directeur général de l’association 40 millions d’automobilistes, souligne que l’essentiel de ces revenus ne provient pas des grands excès de vitesse. Il précise d’après les relevés de l’association que plus d’une infraction sur deux correspond à un dépassement de la limite autorisée de moins de 10 km/h. Pour ce responsable associatif, la concentration des contrôles sur ces marges réduites limite l’impact réel du dispositif sur la baisse de la mortalité routière.
À l’inverse, les partisans d’un contrôle strict rappellent l’évolution des indicateurs de sécurité sur le long terme. Pierre-Olivier Marie, rédacteur en chef adjoint de Caradisiac, indique que le nombre de décès sur les routes de France est passé de 7 500 par an avant l’installation des radars à environ 3 400 aujourd’hui. Il estime que l’introduction de ces outils de contrôle, associée à une communication publique plus ferme, a permis une réduction mécanique et durable de la mortalité. Les autorités de sécurité routière maintiennent que le respect des limitations de vitesse, même pour de faibles écarts, demeure une condition nécessaire à la protection des usagers sur les axes à fort trafic comme l’A8.
