À Saint-Étienne, le CLJ42, centre de loisirs jeunesse de la police nationale, accueille depuis 2001 des adolescents de 12 à 18 ans pour des activités sportives, éducatives et citoyennes, avec un fort travail de prévention et de lien entre jeunes et institutions.
À Montreynaud, quartier populaire de Saint-Étienne classé en zone de sécurité prioritaire, le CLJ42 s’est imposé en presque vingt-cinq ans comme un lieu repère pour les adolescents. Fondé en 2001 par des fonctionnaires de police détachés à plein temps, ce centre de loisirs jeunesse de la police nationale accueille des jeunes de 12 à 18 ans avec un objectif affiché : éducation à la citoyenneté et prévention de la délinquance, dans un quartier où les indicateurs sociaux restent fragiles.
Selon le site officiel du CLJ42, le centre est implanté à Montreynaud, à six kilomètres au nord du centre-ville, dans un quartier de plus de 9 000 habitants marqué par un chômage élevé chez les moins de 25 ans. Le CLJ42 y a pour vocation de favoriser l’éducation à la citoyenneté en s’inscrivant dans le Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance, avec une triple logique d’animation, de prévention et de dissuasion des incivilités.
Une structure associative au cœur de la sécurité de proximité
D’après la fiche de présentation publiée sur HelloAsso, le CLJ42 est constitué en association, rattachée à la Sécurité de proximité de la police nationale. Son but est clairement assumé : « Le but de notre association est l’apprentissage de la citoyenneté par la création, l’organisation et l’animation d’activités à caractère culturel, sportif et de loisirs en faveur des jeunes de 10 à 18 ans. »
Les locaux, situés boulevard Camille-Saint-Saëns, offrent plus de 2 500 m² d’espaces intérieurs et extérieurs. Selon le CLJ42, on y trouve une bibliothèque, une salle de devoirs, un espace jeux avec consoles, billard, baby-foot et tennis de table, une salle de danse, une salle informatique équipée d’ordinateurs connectés, un simulateur de conduite deux-roues, une petite salle de cinéma et un espace sportif de type city-stade permettant la pratique de plusieurs sports collectifs.
Trois policiers à temps plein, éducateurs plutôt que répressifs
Comme le rappelle un article de minformer.com consacré au centre, le CLJ42 fonctionne avec trois policiers à temps plein, affectés spécifiquement à ces missions éducatives plutôt qu’à des tâches répressives. Ils assurent à la fois l’accueil, l’animation et le suivi des jeunes. « Le CLJ42, par l’apprentissage de la citoyenneté, participe à l’une des missions de la Sécurité de Proximité », souligne également la présentation de l’association.
Concrètement, le centre est ouvert l’après-midi, les mercredis et pendant les vacances scolaires. Il propose un fonctionnement souple : les jeunes fréquentent librement l’espace de loisirs, mais sont aussi invités à s’engager dans des activités plus structurées, comme des chantiers éducatifs, des ateliers de secourisme ou des projets de groupe, souvent en partenariat avec d’autres institutions.
Des activités pour apprendre la citoyenneté autrement
Les activités proposées illustrent cette logique de prévention par le concret. Selon HelloAsso et les informations diffusées par le CLJ42, les jeunes peuvent s’initier à de nombreux sports, participer à des sorties nature, passer le permis d’apprenti motocycliste, suivre des formations aux gestes de premiers secours, ou encore prendre part à des chantiers en partenariat avec l’Office national des forêts et les Meilleurs ouvriers de France.
Le centre développe aussi des projets à forte dimension environnementale. Un rucher pédagogique installé sur le toit permet ainsi aux jeunes, accompagnés d’un apiculteur bénévole, de s’initier à l’apiculture et de récolter leur propre miel. Dans le même esprit, un chemin de randonnée local est en cours de réhabilitation avec les adolescents, pour une ouverture annoncée début 2026, indiquent les entretiens relayés par Radio GAGA 42 et repris par minformer.com.
L’éducation aux médias, enjeu central
Au-delà du sport et des activités de plein air, l’éducation aux médias et à l’information occupe une place grandissante. L’association stéphanoise Zoomacom a ainsi animé plusieurs sessions au CLJ, en 2025, sur les fausses informations et sur la pornographie vue sous l’angle de l’éducation aux médias. « Fondé en 2001 par des fonctionnaires de police détachés à plein temps, le Centre de Loisirs Jeunesse de la Police nationale est installé dans le quartier de Montreynaud de Saint-Étienne », rappelle Zoomacom en présentant ce partenariat.
Les ateliers abordent des thèmes sensibles : distinction entre fait et opinion, mécanismes des fake news, pouvoir des images, consentement. Là encore, l’idée est d’outiller les jeunes pour qu’ils soient en mesure de décrypter les contenus qu’ils consomment au quotidien et de développer un regard critique, dans un cadre sécurisé.
Un réseau de partenaires et un modèle reconnu
Le modèle CLJ ne se limite pas à la Loire. D’après la police nationale, vingt-huit centres de loisirs jeunes existent aujourd’hui en France, tous portés par la même mission : « proposer des activités sportives et pédagogiques, un moyen concret de renforcer le lien entre la police et vous dès le plus jeune âge ».
Pour le CLJ42, ce travail s’appuie sur un réseau de partenaires déjà dense. Selon minformer.com et HelloAsso, l’État reste le principal financeur, via la mise à disposition des policiers. La CAF, la ville de Saint-Étienne et le département complètent ce financement. Le service départemental d’incendie et de secours de la Loire envoie par ailleurs un pompier deux soirs par semaine pour encadrer les formations de secourisme et certaines activités à risque comme la via ferrata ou le sauvetage aquatique.
Le centre travaille aussi avec la piste d’éducation routière de Ternay, pour les actions autour de la sécurité routière, et multiplie les coopérations locales avec les structures de quartier, les associations et les acteurs de la prévention spécialisée.
Une autre image du métier de policier
Au fil des années, le CLJ42 a vu passer plusieurs générations d’adolescents. Sur LinkedIn, un ancien participant raconte : « Cette expérience m’a permis de découvrir une autre facette du métier de policier, plus humaine et engagée, et de développer un véritable intérêt pour cette profession. Vingt ans plus tard, je porte l’uniforme de police avec fierté. Le CLJ 42 a incontestablement contribué à ma réussite professionnelle. »
Côté policiers, le témoignage est inversé mais la conclusion identique. D’après les entretiens diffusés par Radio GAGA 42 et repris par minformer.com, plusieurs agents expliquent y avoir découvert un rapport différent aux habitants du quartier, plus direct, plus humain, loin du seul prisme de la répression. Pour eux, ce centre est aussi un laboratoire de ce que peut être une police de proximité assumant pleinement ses missions de prévention.
Un avenir élargi à de nouveaux publics
Toujours selon minformer.com, un déménagement est prévu d’ici deux ans vers un nouveau bâtiment, qui regrouperait sous le même toit le CLJ42 et des structures dédiées aux enfants de 3 à 12 ans. Cette évolution marque à la fois la reconnaissance institutionnelle du travail mené depuis 2001 et la volonté d’étendre la logique de prévention à un public plus large, en amont de l’adolescence.
À Montreynaud, où le CLJ est mentionné de longue date par les services de l’État comme un outil de la politique de sécurité et de cohésion sociale, cette montée en puissance confirme que la prévention par le lien reste un axe central. Pour les familles comme pour les institutions, ce centre de loisirs police–jeunesse s’est installé dans le paysage comme un lieu de respiration et parfois de rebond, à mille lieues des clichés sur la relation entre jeunes et forces de l’ordre.
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