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Casino: nouveau plan de sauvetage financier, image fragilisée dans la Loire

par Rédaction Figures Publiques
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Criblé de dettes, le groupe Casino engage un deuxième plan de sauvetage en moins de deux ans, avec la renégociation d’un prêt de 1,4 milliard d’euros et une nouvelle injection de capital par Daniel Kretinsky. Une séquence financière sensible, qui intervient alors que le distributeur stéphanois est déjà contesté pour un partenariat de dons en caisse au profit du réseau d’écoles privées Espérance banlieues.

Le groupe Casino se prépare à un deuxième plan de sauvetage en moins de deux ans. Selon BFM Business, une première réunion s’est tenue le 20 novembre avec les principaux créanciers pour renégocier un prêt de 1,4 milliard d’euros qui arrive à échéance en mars 2027. L’objectif évoqué serait d’effacer environ les deux tiers de ce prêt pour ramener l’endettement autour de 500 millions d’euros, avec un rééchelonnement jusqu’en 2030.

Dans un communiqué cité par Reuters et plusieurs médias économiques, France Retail Holdings, la holding contrôlée par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, propose de garantir une augmentation de capital de 300 millions d’euros, sous réserve d’un accord global avec les créanciers. Le scénario étudié prévoit une réduction de la valeur nominale du prêt de 1,4 milliard à environ 800 millions d’euros et une baisse du taux d’intérêt de 9 % à 6 %, avec un allongement de maturité de cinq ans.

Pour Casino, qui a déjà évité de peu la faillite en 2024 après une première restructuration et un changement d’actionnaires, ce nouveau tour de table est présenté comme une étape supplémentaire de son plan « Renouveau 2030 ». Le groupe, septième acteur de la grande distribution en France, veut concentrer ses investissements sur les enseignes urbaines réputées rentables comme Monoprix et Franprix, tout en poursuivant la fermeture ou la cession de magasins déficitaires.

Le prix de ce renflouement serait aussi capitalistique. En l’absence de participation des autres actionnaires, la part de France Retail Holdings dans Casino pourrait passer d’environ 40 % à près de 70 %, selon les projections relayées par Reuters et Tradingsat.Autrement dit, plus la dette est effacée au profit d’actions, plus le contrôle de Kretinsky sur le groupe se renforce.

Pour Saint-Étienne et la Loire, où Casino reste un employeur et un symbole historiques, ce nouveau plan mélange inquiétude et pragmatisme. La direction promet de préserver l’outil et l’emploi « dans la mesure du possible », tout en assumant des cessions d’actifs, des économies et une discipline financière renforcée. Les syndicats, eux, redoutent une « restructuration permanente » qui se traduit par des fermetures progressives, une pression accrue sur les équipes et un affaiblissement du centre de décision stéphanois, même si le siège social reste officiellement ligérien.

Ce bras de fer financier intervient dans un climat d’image déjà dégradé. Le Progrès a révélé que Casino avait mené, entre août et septembre, une campagne de dons « à l’arrondi » dans plusieurs enseignes (Monoprix, Franprix, Naturalia) au profit d’Espérance banlieues, un réseau d’écoles privées hors contrat. Le site StreetPress avait été le premier à pointer ce partenariat, en rappelant que ces établissements étaient accusés par certains parents et anciens élèves de violences, d’humiliations et d’un encadrement très marqué idéologiquement.

L’opération a suscité une polémique nationale et locale, relancée par des élus et des syndicats enseignants, alors même que la Région Auvergne-Rhône-Alpes est déjà mis en cause pour des subventions accordées à des écoles du même réseau à Oullins et à Saint-Étienne. Interrogé par TF1 info, le groupe Casino a confirmé l’existence de cette opération d’arrondi solidaire, en insistant sur son caractère facultatif et sur le fléchage des dons vers des projets précis, mais sans éteindre totalement la controverse.

Au final, Casino se retrouve pris en étau entre une équation financière toujours fragile et une séquence de communication délicate autour de ses partenariats. Le plan présenté aux créanciers et au tribunal de commerce doit permettre au distributeur de gagner du temps jusqu’en 2030. Reste à savoir si les efforts promis sur la dette, la rentabilité et la gouvernance suffiront à rassurer clients, salariés et territoires où l’enseigne reste un acteur structurant, à commencer par la Loire.

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