La cour d’assises de l’Ain a rendu son verdict ce vendredi 30 janvier à l’encontre de Myriam Jaouen, jugée pour le meurtre d’une fillette de 11 mois survenu en 2022 à Lyon. L’accusée a été condamnée à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté de 20 ans, pour avoir fait ingérer un produit corrosif à l’enfant.
Les faits s’étaient produits au sein d’une micro-crèche du 3e arrondissement de Lyon. L’ancienne auxiliaire de puériculture, alors âgée de 27 ans, avait administré un déboucheur de canalisations à base de soude caustique à la victime. Si l’accusée a reconnu avoir versé le produit dans la bouche du nourrisson, elle a soutenu tout au long des débats n’avoir jamais eu l’intention de donner la mort. Cette version a été rejetée par la cour d’assises, qui a suivi les réquisitions de l’avocat général.
Cette décision marque un alourdissement de la peine par rapport au premier procès. En 2025, la cour d’assises du Rhône avait condamné l’ex-employée à 25 ans de prison pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le parquet avait fait appel de cette décision, rejoignant la position des parties civiles qui réclamaient la qualification de meurtre. Les avocats des parents ont souligné la préméditation du geste et les mensonges initiaux de l’accusée, qui avait évoqué un accident avec de la peinture pour masquer la réalité des faits aux secours.
Les expertises psychiatriques versées au dossier ont mis en avant une personnalité immature et une déficience intellectuelle modérée, tout en concluant que le discernement de l’accusée n’était ni aboli ni altéré au moment du drame. Pour les parents de la jeune victime, ce verdict en appel reconnaît officiellement l’intention homicide. La condamnation définitive met un terme à une procédure judiciaire entamée il y a quatre ans.
