L’ancien président du Medef Loire, Benoît Fabre, cofondateur du « Collectif Économique », plaide pour une rupture avec les modèles politiques actuels à l’approche des élections municipales. S’il ne se déclare pas officiellement candidat, il entend imposer les enjeux de création de richesse et d’attractivité métropolitaine comme préalables indispensables à tout projet local.
Benoît Fabre dresse un constat sévère sur la gestion des deniers publics et le discours politique traditionnel lors de son passage dans l’émission « PARLER VRAI » pour Figures Publiques. Selon lui, les promesses électorales en matière de sécurité, de commerce ou de services publics sont un mensonge si elles ne s’appuient pas sur une stratégie économique solide. Il affirme que le modèle actuel est arrivé au bout de sa logique, notamment en raison d’un seuil de douleur fiscale atteint par les entreprises et les citoyens.
« On ne peut pas laisser Saint-Étienne se paupériser ainsi » a-t-il déclaré dans les colonnes du Progrès.
Le cofondateur du Collectif Économique, qui regroupe vingt-six organisations professionnelles et consulaires de la Loire, refuse l’opposition entre intérêts économiques et besoins de la population. Il cite l’exemple des transports où les entreprises ligériennes versent 57 millions d’euros par an sans que la mobilité des salariés entre les communes de la métropole, comme entre Andrézieux-Bouthéon et Rive-de-Gier, ne soit réellement facilitée. Pour Benoît Fabre, l’économie doit être le moteur de la cohésion sociale et non une simple variable d’ajustement budgétaire.
L’ancien patron des patrons ligériens pointe également du doigt une déconnexion entre le système politique et la réalité de la production de richesse. On doit se bagarrer comme des chiffonniers sur la répartition de la richesse, on ne devrait pas se bagarrer comme des chiffonniers sur la création de la richesse, martèle-t-il. Il appelle à une co-construction entre les élus, l’État et les acteurs de terrain pour répondre aux défis climatiques et technologiques sans sacrifier la souveraineté industrielle du territoire.
Concernant les échéances électorales de 2026, Benoît Fabre assure qu’aucune élection ne pourra se tenir sans que les candidats ne détaillent leur vision économique pour Saint-Etienne et sa métropole. S’il entretient le flou sur ses intentions personnelles, sa volonté de peser sur le scrutin est manifeste. Il conclut en soulignant que sans une hausse de la production durable et une innovation forte, le pacte social français et l’attractivité de Saint-Etienne continueront de se dégrader.
