À Hénin-Beaumont, l’agent municipal et syndicaliste SUD Djelloul Kheris fait l’objet d’une procédure disciplinaire lourde engagée par la mairie RN de Steeve Briois, sur fond de conflits autour de l’association L’Escapade et de ses engagements associatifs.
À Hénin-Beaumont, le maire Rassemblement national Steeve Briois a engagé une procédure disciplinaire contre Djelloul Kheris, agent municipal et élu SUD Collectivités territoriales. Ce dernier est convoqué à un conseil de discipline pour ce que la municipalité qualifie de « conflit d’intérêt chronique ». Officiellement, il lui est reproché de cumuler ses fonctions d’animateur municipal avec plusieurs responsabilités associatives locales. Lui dénonce une « répression » visant un syndicaliste critique de la gestion RN de la ville. Basta!+1
Au cœur du dossier figure l’association culturelle L’Escapade, dont Djelloul Kheris a été administrateur, et que la municipalité a poussée hors de ses locaux avant de reprendre la main sur la programmation via une structure municipale. La ville lui reproche également l’utilisation d’un mail professionnel pour une demande liée à un club de football de quartier dont il est secrétaire bénévole. Selon un article du Monde, la mairie estime qu’il ne peut « cumuler des casquettes qui poursuivent des intérêts contradictoires » et lui reproche en outre d’avoir témoigné dans un « documentaire politisé », consacré à la bataille autour de L’Escapade, ce que ses soutiens considèrent comme un prétexte pour alourdir le dossier.
La procédure engagée est lourde de conséquences. D’après plusieurs syndicats et sites spécialisés, la municipalité est allée jusqu’à demander sa révocation, voire une sanction du troisième groupe, qui peut aller d’une exclusion temporaire de seize jours à deux ans avec perte de rémunération. Une audience prévue le 17 novembre a finalement été reportée, sans calendrier clair pour la suite. Les organisations syndicales parlent d’une « répression antisyndicale » et dénoncent un climat où « les gens ont peur de parler » dans une ville dirigée par l’extrême droite depuis 2014.
Pour Djelloul Kheris, la logique est limpide: « On veut me faire taire », confie-t-il à ses soutiens. Secrétaire de la section SUD et figure connue du milieu associatif local, il voit dans cette procédure un signal adressé à l’ensemble des agents qui contestent la politique municipale. À Hénin-Beaumont comme dans d’autres villes dirigées par le RN, syndicats et associations alertent sur la multiplication des contentieux visant des opposants locaux, syndicalistes ou acteurs du monde culturel. Le cas Kheris, à la croisée du social, de la culture et du syndicalisme, est devenu un test national pour les défenseurs des libertés syndicales dans les collectivités.
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