samedi 24 janvier 2026
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Ukraine, Groenland, Mercosur : Benjamin Haddad détaille la position française sur plusieurs dossiers internationaux

par Lilian Sanchez
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Ce mercredi 8 janvier, dans la matinale Télématin sur Antenne 2, la séquence « Les Quatre Vérités », présentée par Gilles Bornstein, recevait le ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé de l’Europe, Benjamin Haddad. L’entretien, d’une durée d’environ dix minutes, a porté sur plusieurs dossiers internationaux majeurs, dont l’Ukraine, le Groenland et l’accord UE-Mercosur.

Interrogé sur un éventuel déploiement de soldats français après un cessez-le-feu en Ukraine, le ministre a expliqué qu’un travail serait engagé pour « renforcer et régénérer l’armée ukrainienne », estimée à environ 800 000 hommes. Selon lui, l’armée ukrainienne constitue « la première garantie de sécurité » et « la première ligne de front ». Cette prise de position intervient dans un contexte de renforcement des liens diplomatiques entre les Européens et les États-Unis.

Le ministre est revenu sur une réunion organisée à Paris, rassemblant des dirigeants de nombreux pays européens, ainsi que des représentants du Canada, de l’OTAN et de l’Union européenne, dans le cadre de la « Coalition des volontaires ». À l’issue de cette rencontre, la présidence française a annoncé qu’une déclaration d’intention conjointe avait été formulée concernant le déploiement éventuel d’une force multinationale en Ukraine, sous réserve de l’instauration d’un cessez-le-feu. Cette force serait pilotée par des acteurs européens, avec l’appui des États-Unis, afin d’offrir aux autorités ukrainiennes des garanties de sécurité qualifiées de « fortes ».

Gilles Bornstein a insisté sur le rôle des États-Unis au sein de cette coalition. Benjamin Haddad a confirmé leur implication, indiquant que « les Américains travailleront avec les Européens » sur le suivi du cessez-le-feu. Il a ajouté que les Européens, et en particulier la France, joueraient un rôle de leadership, soulignant que « la sécurité de l’Ukraine est directement liée à la nôtre ». Il a précisé que le déploiement envisagé concernerait des forces européennes non combattantes, positionnées non pas sur la ligne de front, mais sur des points stratégiques afin de dissuader toute nouvelle menace russe et de rassurer les autorités ukrainiennes.

L’entretien est ensuite revenu sur les déclarations du président de la République, Emmanuel Macron, faites la veille sur France 2, évoquant l’envoi potentiel de milliers de militaires français en Ukraine. Questionné sur leur éventuel positionnement, le ministre a assuré qu’ils ne seraient « pas sur la ligne de front » et qu’ils n’auraient « pas vocation à combattre ». Selon lui, l’objectif est d’éviter qu’un cessez-le-feu soit utilisé par la Russie comme une simple parenthèse pour se réarmer avant de reprendre les hostilités.

Le ministre a également insisté sur la nécessité de maintenir la pression sur la Russie, notamment par le biais de sanctions économiques, tout en poursuivant le soutien militaire à l’Ukraine. Il a indiqué que ce travail se ferait en coordination étroite avec les partenaires européens, ukrainiens et américains.

La discussion a ensuite porté sur les déclarations de la Maison Blanche concernant le Groenland. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a récemment affirmé que le recours à l’armée pour permettre au président Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland « restait une option ». Elle a rappelé que cette acquisition était considérée comme une priorité de sécurité nationale par l’administration américaine.

Face à ces propos, plusieurs dirigeants européens, dont ceux du Royaume-Uni et de la France, ont publié une déclaration commune affirmant que « le Groenland appartient à son peuple » et que seuls les Groenlandais et les Danois sont légitimes pour décider de son avenir. Interrogé sur la position française, Benjamin Haddad a indiqué que la France prenait ce sujet « très au sérieux », rappelant le soutien et la solidarité de Paris envers le Danemark. Il a affirmé que le Groenland fait partie de la souveraineté européenne, de l’OTAN, et qu’il « n’est ni à prendre ni à vendre ».

Le ministre a estimé que le contexte international devenait plus violent et que les Européens devaient réduire certaines dépendances, notamment vis-à-vis des États-Unis. Il a évoqué la nécessité de renforcer les capacités de défense, tant au niveau national qu’européen, rappelant la volonté présidentielle de doubler le budget militaire français et d’investir davantage dans l’industrie de défense européenne. Interrogé sur une éventuelle réaction française en cas d’intervention militaire américaine au Groenland, il a refusé toute spéculation, préférant souligner la solidarité affichée par les Européens envers le Danemark.

En fin d’entretien, Gilles Bornstein a interrogé le ministre sur l’accord UE-Mercosur, qui doit être examiné prochainement par le Conseil européen malgré l’opposition de la France. Benjamin Haddad a rappelé que Paris juge cet accord injuste et potentiellement néfaste pour l’agriculture européenne, en raison de normes de production moins strictes dans les pays du Mercosur. Il a souligné que la France demandait des garanties environnementales et sanitaires renforcées, ainsi qu’une réciprocité des normes.

Le ministre a également rappelé que la Commission européenne avait annoncé une augmentation de 45 milliards d’euros du budget de la politique agricole commune. Interrogé sur la position finale de la France lors du vote, il a répondu que « le compte n’y est pas » et que la France continuerait de se battre pour protéger les agriculteurs européens et ce qu’il a qualifié de souveraineté alimentaire du continent.

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