Tissot demande un changement de cap face à la DNC: fin de l’abattage total et vaccination généralisée
La découverte d’un foyer de dermatose nodulaire contagieuse à Bordes-sur-Arize, en Ariège, où 207 bovins ont été abattus, relance la controverse sur la stratégie sanitaire. Le sénateur de la Loire Jean-Claude Tissot appelle l’exécutif à abandonner l’abattage systématique au profit d’un dépistage renforcé et d’une vaccination ouverte sur tout le territoire.
Dans un communiqué diffusé le 12 décembre, Jean-Claude Tissot estime que les derniers épisodes illustrent les limites du protocole actuel. Il plaide pour « la fin de l’abattage total » des troupeaux infectés et « l’ouverture de la vaccination à l’ensemble du territoire », y compris en zone indemne, afin de contenir plus efficacement la diffusion du virus vectoriel chez les bovins. Le sénateur situe cette inflexion dans une logique de prévention des pertes économiques et de réduction de la pression sociale dans les territoires d’élevage.
Le gouvernement met en avant une ligne mêlant abattage dans les foyers et montée en charge vaccinale. Reuters a rapporté l’annonce d’un objectif d’1 million de bovins vaccinés, alors que les autorités comptabilisaient environ 110 foyers et près de 3 000 animaux abattus depuis l’apparition de la maladie en France fin juin. La communication officielle insiste sur la nécessité de juguler rapidement l’épizootie pour préserver les échanges commerciaux et éviter une extension géographique. Reuters+1
Sur le terrain, l’abattage intégral de l’élevage ariégeois a constitué un électrochoc. La Dépêche du Midi a détaillé le déroulé des opérations et le nombre exact de bêtes concernées. D’autres cas ont été signalés dans le Sud-Ouest, avec des annonces de nouvelles abattages et des tensions autour des fermes visées. Ces séquences nourrissent la colère d’une partie du monde agricole qui conteste l’efficacité du « tout-abattage ».
L’exécutif défend sa méthode. TF1 Info résume la position gouvernementale: accélérer la vaccination tout en conservant l’outil d’abattage pour les foyers avérés, afin de casser les chaînes de transmission d’un virus transmis par des insectes piqueurs. En parallèle, la Coordination rurale a annoncé un durcissement de ses actions, jugeant insupportable la perspective de destructions massives d’animaux. Cette polarisation rend la recherche d’un compromis délicate à l’approche des fêtes, période où la question de la continuité des élevages et de la logistique pèse lourd.
Les données sanitaires rappellent que la DNC n’est pas transmissible à l’être humain. Le ministère de l’Agriculture précise que le premier cas français remonte au 29 juin en Savoie, que la maladie affecte gravement la santé et la production des bovins et qu’elle se propage via des vecteurs, justifiant des restrictions de mouvements et des périmètres réglementés. Ces éléments cadrent le débat public en distinguant clairement la protection de la filière et des échanges du risque sanitaire humain, nul à ce stade.

Sur le plan réglementaire, plusieurs médias rappellent que l’abattage intégral des troupeaux infectés s’inscrit dans le cadre des règles sanitaires européennes, et que des manquements pourraient exposer la France à des sanctions. Ce corpus explique la prudence des autorités qui, même en ouvrant la vaccination de masse, n’écartent pas totalement les abattages dans les foyers. C’est précisément ce verrou que Tissot propose de desserrer, en couplant vaccination, biosécurité et contrôles, au lieu de dépeuplement automatique.
L’équation politique est désormais claire. D’un côté, le gouvernement accélère la vaccination et défend l’abattage dans les foyers pour éviter l’extension et protéger les débouchés. De l’autre, des élus de territoires d’élevage, comme Tissot, et des syndicats minoritaires poussent pour un virage vers la vaccination généralisée et la fin des destructions systématiques, au nom de la proportionnalité, de l’acceptabilité sociale et de la soutenabilité économique. Les prochains arbitrages budgétaires et les retours d’expérience de la campagne vaccinale diront si ce rapport de force débouche sur un ajustement concret de la doctrine.
