Après le signalement par la DGCCRF d’annonces proposant des poupées sexualisées à l’allure d’enfants sur le site de Shein, le gouvernement évoque la possibilité d’un blocage de la plateforme. Le député de la Loire Antoine Vermorel-Marques, rapporteur d’une mission d’information sur les contrôles des produits importés, annonce la convocation de Shein à l’Assemblée.
Après le signalement de poupées sexualisées à l’allure d’enfants, Shein est convoqué à l’Assemblée. Rappel des sanctions DGCCRF et CNIL, menace de blocage en France.
La répression des fraudes a saisi la justice et l’Arcom après la découverte de dizaines d’annonces pour des poupées à caractère pédopornographique. Shein dit avoir retiré ces annonces et lancé une enquête interne. Le ministre de l’Économie a prévenu que l’accès au site pourrait être interdit si de nouveaux manquements sont constatés.
La position du député
« Nous demandons des comptes… des comptes sur la protection de nos enfants », précise le député de la Loire.
« Des comptes aussi sur l’argent gagné avec ces produits pédocriminels et la transparence sur ce qui s’est passé, ainsi que sur ce qui sera mis en place pour que cela ne se reproduise plus »
poursuit Antoine Vermorel-Marques.
« Je suis scandalisé… à la fois comme député et comme père. Voir des commerces en ligne vendre des poupées de 80 cm destinées à des pédocriminels est inacceptable », insiste-t-il.
Il rappelle le contraste entre le commerce physique et la plateforme numérique:
« À Roanne, si un commerce vendait ce type de produit, le préfet signerait en une minute un arrêté de fermeture. Ce n’est pas parce que c’est en ligne que tout serait permis. »
Shein dit avoir retiré les annonces incriminées. Réponse sèche: « Non, cela n’éteint rien… Qu’ils disent combien ils ont gagné avec ces poupées », appuie le parlementaire. Et d’élargir: « Il n’y a pas que ces poupées… nous documentons que près de 80 pour cent des jouets proposés ne respectent pas les normes sociales, sanitaires ou réglementaires. »
L’ouverture annoncée d’un espace Shein au BHV Marais met le feu aux poudres.
« On ne collabore pas avec des gens qui vendent des produits pour des pédocriminels… »
tranche l’élu.
Pour lancer : « Le temple de l’art de vivre à la française devient un entrepôt de produits douteux… on fait entrer le loup dans la bergerie ». Interrogé sur les suites, il assume une option radicale: « Nous demandons la fermeture du site… comme pour Wish », martèle le rapporteur. « Il faut siffler la fin de la récré… la fin du match, c’est la fermeture du site », prévient-il.
Contexte et précédents en France
Shein a déjà été sanctionné en 2025 pour pratiques commerciales trompeuses par la DGCCRF, à hauteur de 40 millions d’euros. La CNIL a infligé en septembre une amende de 150 millions d’euros pour non-respect des règles relatives aux cookies.
Ouverture au BHV sous pression
La polémique intervient alors que Shein prépare l’ouverture d’un espace au BHV Marais à Paris, suscitant protestations et appels au retrait. Le BHV affirme que ces produits ne seront pas vendus en magasin.
Et maintenant
Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle rappelle que la loi permet déjà de bloquer des sites en cas d’infractions graves et répétées, et revendique des blocages administratifs de sites frauduleux en 2025. La balle est désormais dans le camp du gouvernement et du Parlement pour d’éventuelles suites, après les auditions annoncées.
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