Le ministère de l’Intérieur envisage des sanctions contre Bernard Bazinet, maire d’Augignac (Dordogne), après un commentaire publié sur les réseaux sociaux et jugé antisémite. Selon Beauvau, l’éventail des mesures étudiées va « de la suspension à la révocation ».
Le commentaire visé est intervenu le 4 décembre sous une publication de Libération relayée sur Facebook à propos de la participation d’Israël à l’Eurovision. Bernard Bazinet a écrit : « Oui au boycott ! La France est trop youpine pour boycotter ! » Le ministère indique condamner fermement ces propos et considère que l’édile « ne possède plus l’autorité morale nécessaire à l’exercice de ses fonctions ».
Toujours selon les informations communiquées par Beauvau et reprises par plusieurs titres, le ministre a demandé à la préfète de la Dordogne d’entendre le maire pour lui notifier la gravité des propos reprochés. Ici Périgord a indiqué que Bernard Bazinet était convoqué à la sous-préfecture de Nontron, avec un entretien programmé le mardi suivant.
À l’issue de cet entretien, Beauvau évoque deux voies administratives. La suspension pourrait être prise par arrêté ministériel. La révocation, elle, suppose un décret pris en Conseil des ministres. Des rappels de droit public local précisent que la suspension d’un maire est encadrée et temporaire, tandis que la révocation emporte des conséquences électorales.
Sur le plan politique, le Parti socialiste a annoncé l’exclusion de Bernard Bazinet le 9 décembre, estimant que les explications apportées ne permettaient pas de relativiser la portée des propos. Mediapart rapporte que l’élu a reconnu un « dérapage » et exprimé des regrets, tout en expliquant son commentaire par la colère liée à l’actualité internationale.
Parallèlement, une procédure pénale distincte est engagée. D’après des informations rapportées par Ici Périgord et reprises par plusieurs médias, Bernard Bazinet doit être convoqué en janvier devant le délégué du procureur à Périgueux dans le cadre d’une alternative aux poursuites pour injure publique à caractère raciste, avec une amende annoncée de 500 euros.
L’enjeu administratif porte désormais sur l’appréciation de la compatibilité de ces propos avec l’exercice d’un mandat municipal. Le ministère justifie sa position en mettant en avant l’exigence d’exemplarité des élus et la nécessité, selon lui, de garantir l’autorité morale liée à la fonction de maire. Les suites dépendront de l’audition en sous-préfecture et des choix du gouvernement sur la nature de la sanction.
