Patrick Sébastien lance son mouvement « Ça suffit » et promet un « chantage démocratique » en 2027, en recueillant des propositions de Français pour les imposer aux finalistes de la présidentielle.
L’humoriste et ancien animateur Patrick Sébastien veut se faire entendre en 2027 sans briguer l’Élysée. Sur BFMTV et RMC, il a expliqué vouloir « renverser la table » en collectant les propositions de « la France qui en a marre » pour les imposer aux finalistes de la présidentielle, sous forme de « chantage démocratique ».
Un « chantage démocratique » assumé
Interrogé ce lundi 17 novembre, Patrick Sébastien a martelé qu’il ne souhaitait pas se présenter à l’élection présidentielle, tout en affirmant qu’il fallait « renverser la table, pas se contenter de changer la nappe » lors du prochain scrutin. Il estime que, sans rupture dans la manière de faire de la politique, « ça va mal se terminer, les gens vont vraiment se mettre en colère », rapporte un article politique du Dauphiné Libéré reprenant ses propos.
L’humoriste dit avoir mis à disposition une boîte mail pour recueillir les idées des citoyens. L’objectif est de retenir, à terme, une trentaine ou une quarantaine de propositions jugées « réalistes et réalisables », puis d’aller les présenter aux deux candidats du second tour en exigeant un engagement formel à les appliquer, en échange d’un soutien électoral. Il résume cette stratégie par l’expression de « chantage démocratique ».
Un mouvement « Ça suffit » et une collecte de propositions
Ce projet s’inscrit dans la continuité du mouvement « Ça suffit » qu’il a lancé à l’automne. D’après un décryptage publié par Linternaute, Patrick Sébastien revendique déjà plusieurs milliers de mails reçus et assure les lire un par un. Il explique vouloir faire remonter la voix de « petits artisans, petits agriculteurs, infirmiers » dont les idées ne seraient pas entendues par les responsables politiques.
Le site NextPlz, qui a analysé une vidéo postée fin octobre, rappelle qu’il se pose en « représentant » de ceux qui envoient leurs propositions, et non en candidat : « Je ne veux pas que vous votiez pour moi, je veux vous aider à voter pour vous », résume-t-il. Il insiste également sur le fait qu’il n’attend « rien » pour lui-même dans cette démarche, tout en disant assumer les « coups » qu’il pourrait recevoir en retour.
Jusqu’à 800 000 soutiens espérés
Pour que cette stratégie pèse réellement, Patrick Sébastien avance un seuil chiffré. D’après Linternaute et le Dauphiné Libéré, il considère qu’un mouvement de quelques dizaines de milliers de personnes serait insuffisant. En revanche, « si on est 800 000 ou plus, on aura vraiment du poids », affirme-t-il, convaincu que ce volume d’appuis pourrait influer sur le calcul des finalistes de la présidentielle.
Reste la question du respect des engagements éventuels. Dans l’entretien rapporté par Linternaute, il va jusqu’à évoquer une riposte de rue en cas de promesse trahie, déclarant : « On descend dans la rue et on ne remonte pas » si les engagements ne sont pas tenus, tout en se défendant de vouloir nourrir la violence.
Entre ras-le-bol social et frontières avec le RN
Cette prise de parole intervient dans un contexte où les intentions de vote pour 2027 restent très ouvertes et où se multiplient les tentatives de canaliser le mécontentement hors des partis traditionnels. Patrick Sébastien insiste ne pas être « l’émissaire » du Rassemblement national. Selon Linternaute, il affirme se considérer comme « le porte-parole des gens, pas de Madame Le Pen », en rappelant son soutien à certaines causes, notamment LGBT, et sa non-opposition à la dépénalisation du cannabis.
Dans l’entretien relayé par le Dauphiné Libéré, il dit rejeter seulement ce qu’il appelle « les extrêmes extrêmes », « au bout du bout du RN et au bout du bout des Insoumis », et dénonce le « mépris » d’une partie du monde culturel et politique à l’égard de Français qui estiment ne plus avoir la parole.
À ce stade, son initiative reste informelle et sans traduction institutionnelle précise. Elle illustre toutefois une tendance récurrente à l’approche de 2027 : la volonté de certaines figures médiatiques de se poser en relais d’un ras-le-bol social, sans endosser elles-mêmes un rôle de candidat, mais en cherchant à peser sur le rapport de forces du second tour.
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