Plusieurs organisations patronales écrivent à Lecornu pour dénoncer la « déconnexion » du débat budgétaire et la multiplication des taxes, plaidant pour une politique de l’offre.
Réunies dans un courrier commun adressé lundi soir au Premier ministre et à Sébastien Lecornu, plusieurs organisations patronales et associations d’entrepreneurs alertent sur une « déconnexion » des discussions budgétaires et la multiplication de taxes jugées pénalisantes pour l’investissement. Signé notamment par Amir Reza-Tofighi (CPME), Patrick Martin (Medef), Michel Picon (U2P), Frédéric Coirier et Philippe d’Ornano (METI), Alain Moy (CEDEF) et Virginie Calmels (CroissancePlus), le texte plaide pour la poursuite d’une politique de l’offre, oppose une hausse de fiscalité qui « se résume en un mot: taxation » et dit l’« immense inquiétude » des signataires. L’appel est notable car ces acteurs, souvent divisés ces derniers mois, s’expriment cette fois d’une seule voix.
Ce front commun s’inscrit dans une séquence où le Medef menaçait déjà d’une « grande mobilisation » en cas de relèvement des prélèvements sur les entreprises, tandis que d’autres réseaux patronaux alertaient sur l’instabilité fiscale liée aux débats du PLF 2026. Les prises de position publiques de Patrick Martin contre la taxe dite Zucman et les mises en garde de CroissancePlus illustrent cette ligne de crête: préserver l’investissement et l’emploi dans un contexte d’endettement élevé et de croissance molle.
Sur le fond, les organisations signataires affirment que l’addition fiscale compromet la compétitivité et la dynamique de l’emploi. Le METI rappelle depuis l’été que les entreprises ne bénéficient pas d’« aides » massives mais de mécanismes de compétitivité, et la CPME relaie, dans ses sections territoriales, la crainte d’un signal négatif envoyé à l’investissement productif. En filigrane, les employeurs appellent Matignon à stabiliser la trajectoire budgétaire, clarifier les dispositifs et écarter les mesures symboliques aux effets économiques incertains.
Reste l’équation politique: sans majorité stable à l’Assemblée, le gouvernement cherche un compromis entre exigences de maîtrise des comptes et demandes de justice fiscale portées par l’opposition. La lettre patronale, en réintroduisant la « politique de l’offre » au centre du débat, accentue la pression sur l’exécutif au moment où s’additionnent négociations budgétaires et menaces de motions de censure.
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