Un collectif transpartisan, composé d’une soixantaine de responsables politiques, d’historiens et de chercheurs, appelle à réformer le mode de scrutin pour les élections législatives. Dans une tribune publiée par La Tribune Dimanche ce samedi 7 février 2026, les signataires demandent l’instauration de la proportionnelle avant l’échéance présidentielle de 2027 afin d’apporter « un nouveau souffle démocratique ».
L’initiative réunit des figures de premier plan telles que l’ancien président de la République François Hollande et les anciens Premiers ministres Élisabeth Borne et Bernard Cazeneuve. Des représentants des Écologistes, du Parti socialiste, de Renaissance et du MoDem figurent également parmi les signataires. Selon le texte, le maintien du scrutin majoritaire actuel bloque la recherche de majorités de consensus et dégrade l’image de la démocratie. Les auteurs de la tribune estiment que cette situation favorise la montée de l’extrême droite.
L’argument principal repose sur le risque lié à l’effet « winner takes all » (le gagnant emporte tout). Les signataires alertent sur la possibilité pour une formation politique d’obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale avec seulement un tiers des suffrages exprimés. D’après le document, cette concentration des pouvoirs pourrait, dans le cadre de la Cinquième République, faciliter une bascule vers un régime autoritaire. Le texte cite notamment l’exemple de la stratégie politique de Donald Trump aux États-Unis pour illustrer ces craintes.
Sur le plan législatif, les partisans de la réforme soulignent que le processus peut aboutir rapidement. Une proposition de loi transpartisane a été déposée à l’Assemblée nationale en octobre dernier, et une démarche similaire est attendue prochainement au Sénat. Les signataires pressent désormais le Parlement de se saisir du dossier.
Cette mobilisation suscite toutefois des analyses divergentes. Si les initiateurs du texte, comme les députés Erwan Balanant (MoDem) et Jérémie Iordanoff (Écologistes), y voient un outil de stabilité et de représentativité, certains observateurs s’interrogent sur les conséquences réelles d’une telle mesure. Le débat reste ouvert sur la capacité de la proportionnelle à freiner ou, au contraire, à favoriser la présence institutionnelle du Rassemblement national.
