Ils sont désormais de nouveau députés ou sénateurs, après avoir quitté le gouvernement de François Bayrou. Douze anciens ministres ont réintégré le Parlement au cours du mois de décembre, en pleine séquence budgétaire marquée par de fortes tensions et l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale. Parmi eux figurent notamment Élisabeth Borne et Bruno Retailleau.
Redevenue députée, Élisabeth Borne a repris place sur les bancs du groupe Renaissance après son départ du ministère de l’Éducation nationale à la mi-octobre. Mercredi 17 décembre, elle a participé à la soirée de fin d’année organisée par le parti présidentiel dans ses nouveaux locaux parisiens, aux côtés de parlementaires éprouvés par plusieurs semaines de débats budgétaires particulièrement conflictuels.
Lors de cette soirée, le président du groupe Renaissance, Gabriel Attal, a tenu à saluer l’engagement des députés face à une séquence parlementaire jugée difficile. « Merci à tous les députés, parce que je sais que ce n’est pas facile », a-t-il déclaré, en référence aux discussions autour des textes financiers. À l’Assemblée, Élisabeth Borne s’est installée sur les bancs proches du gouvernement, une position traditionnellement exposée dans l’hémicycle.
Au total, douze parlementaires issus à la fois de la majorité présidentielle et des Républicains ont quitté leurs fonctions ministérielles pour retrouver leur mandat. Si certains évoquent en privé une plus grande liberté d’expression retrouvée, plusieurs d’entre eux décrivent aussi une forme de désenchantement, liée à la difficulté de peser dans un Parlement fragmenté.
« C’est un atterrissage complexe, parce que le contexte est lui-même complexe », confie Astrid Panosyan-Bouvet, à l’image d’autres anciens membres du gouvernement. Tous soulignent une atmosphère parlementaire marquée par des équilibres instables, des rapports de force mouvants et une forte tension politique, contrastant avec l’exercice du pouvoir exécutif qu’ils ont quitté quelques semaines plus tôt.
