Accueil PolitiqueLe chef du RN dénonce une « brutalisation du débat démocratique », la garde à vue de son agresseur prolongée

Le chef du RN dénonce une « brutalisation du débat démocratique », la garde à vue de son agresseur prolongée

par Muhammed Aksac

Après avoir reçu un œuf sur la tête lors d’une séance de dédicace à Moissac, Jordan Bardella dénonce sur CNews une « brutalisation du débat démocratique ». La garde à vue du suspect, un agriculteur retraité de 74 ans déjà condamné pour un geste similaire contre Éric Zemmour, a été prolongée de 24 heures, tandis que plusieurs responsables politiques, dont Laurent Nunez et Raphaël Glucksmann, condamnent l’agression.

Jordan Bardella replace l’agression dont il a été victime à Moissac dans un climat politique qu’il juge de plus en plus violent. Invité dimanche sur CNews, le président du RN a parlé d’une « brutalisation du débat démocratique », alors que la garde à vue de l’homme qui lui a écrasé un œuf sur la tête a été prolongée de 24 heures, confirme le parquet de Montauban.

Un septuagénaire déjà connu pour des actions similaires

Les faits se sont déroulés samedi 29 novembre, lors d’une séance de dédicace du livre de Jordan Bardella à Moissac, dans le Tarn et Garonne. Selon la gendarmerie, l’homme interpellé, un agriculteur retraité de 74 ans, se trouvait dans la file d’attente avant de se jeter sur le responsable politique pour lui écraser un œuf sur la tête. Le président du RN n’a pas été blessé et a pu reprendre sa séance après une courte interruption, indique CNews. Une plainte a été déposée au nom de Jordan Bardella et du parti.

Le parquet précise que le suspect est entendu pour « violence sur personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité » et que la prolongation de garde à vue doit permettre de clarifier le déroulé exact des faits et le contexte, notamment sa possible participation au rassemblement anti RN organisé en marge de l’événement, détaillent Le Progrès et La Dépêche du Midi.

L’homme mis en cause n’en serait pas à son premier geste de ce type. RTL rappelle qu’en mars 2022, il avait déjà écrasé un œuf sur la tête d’Éric Zemmour lors d’un déplacement de campagne à Moissac et avait été condamné à 500 euros d’amende avec sursis. Il avait également visé un bus de campagne de Marine Le Pen par un jet d’œufs en avril de la même année, confirme Le Progrès.

Bardella parle d’un « climat de plus en plus violent »

Sur CNews, Jordan Bardella dit voir dans cette affaire un symptôme d’un durcissement général de la vie politique. Il explique être « extrêmement inquiet de voir un climat de plus en plus violent s’installer » et dénonce « une brutalisation du débat démocratique ». Dans le même échange, il distingue « ceux qui frappent » et « ceux qui légitiment, banalisent la violence », en désignant nommément « l’extrême gauche » et La France insoumise comme responsables d’un climat qui, selon lui, encourage ce type de passages à l’acte, rapportent Europe 1 et un fil AFP repris par plusieurs médias.

Le président du RN regrette également ce qu’il qualifie de « grand silence » d’une partie de la classe politique, tout en reconnaissant que certaines voix se sont élevées pour condamner l’agression.

Des condamnations transpartisanes et un débat sur la sécurité des élus

Plusieurs responsables politiques ont effectivement pris position. La porte parole du gouvernement, Maud Bregeon, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, mais aussi Raphaël Glucksmann ont dénoncé publiquement le geste, parlent d’un acte « inacceptable » et rappellent que, dans une démocratie, les responsables politiques doivent pouvoir se déplacer et rencontrer le public sans être pris pour cible, rapporte l’AFP, cité par La Gazette France et La Dépêche du Midi.

Laurent Nunez annonce le maintien d’un dispositif de sécurité renforcé autour du président du RN, en l’inscrivant dans une tendance plus large de montée des violences contre les élus, en particulier lors de déplacements de terrain. Il rappelle que le ministère de l’Intérieur a déjà déployé des outils spécifiques pour les maires et parlementaires qui s’estiment menacés, notamment des dispositifs d’alerte, détaille La Dépêche du Midi.

Un second incident en quelques jours

L’agression de Moissac intervient alors que Jordan Bardella venait déjà d’être pris pour cible quelques jours plus tôt à Vesoul. Lors de la foire de la Sainte Catherine, un lycéen de 17 ans lui avait jeté de la farine dessus. Le jeune, inconnu de la justice, avait été placé en garde à vue avant d’être orienté vers un stage de citoyenneté, indiquent l’Est Républicain et un article d’Info Occitanie reprenant les précisions du procureur de Vesoul.

Pour le président du RN, ces deux épisodes successifs renforcent l’idée d’une campagne à venir sous haute tension. Pour les autorités, ils relancent le débat sur la protection des élus et sur les limites à ne pas franchir dans la contestation politique, quel que soit le parti visé.

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