La nomination du député La France insoumise Rodrigo Arenas au Conseil supérieur des programmes (CSP) a provoqué une série de critiques, principalement à droite et à l’extrême droite, quelques jours après sa publication au Journal officiel. Le CSP est une instance consultative chargée d’émettre des avis et des propositions sur les programmes scolaires, à destination du ministre de l’Éducation nationale.
Rodrigo Arenas est député de Paris depuis 2022. Il a auparavant présidé la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), première fédération de parents d’élèves de l’enseignement public. C’est ce parcours qui est au cœur des controverses relancées par sa nomination. Plusieurs responsables politiques rappellent des prises de position et des épisodes liés à la laïcité durant sa présidence de la FCPE, notamment la diffusion en 2019 d’une affiche montrant une mère voilée accompagnant une sortie scolaire. À l’époque, cette campagne avait été vivement critiquée par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, qui avait dénoncé une remise en cause du principe de neutralité à l’école.
Les critiques actuelles font également référence aux propos tenus par Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l’Éducation nationale, qui avait accusé la FCPE, sous la présidence de Rodrigo Arenas, de complaisance à l’égard de l’islamisme. Rodrigo Arenas avait contesté ces accusations en justice. Selon les décisions rendues, Jean-Pierre Obin a été débouté, les juridictions n’ayant pas retenu l’existence de faits établissant ces accusations.
À la suite de l’annonce de sa nomination, Rodrigo Arenas a réagi publiquement en se disant « honoré » de rejoindre le Conseil supérieur des programmes. Il affirme vouloir y apporter son expérience du système éducatif et contribuer aux réflexions sur l’avenir des programmes scolaires, dans un cadre qu’il dit respecter.
À droite et à l’extrême droite, plusieurs responsables politiques estiment au contraire que cette nomination envoie un « mauvais signal ». Ils jugent incompatible, selon eux, le parcours militant de Rodrigo Arenas avec les missions du CSP, qu’ils considèrent comme devant rester à distance de toute controverse idéologique. Certains élus évoquent une inquiétude quant à l’orientation future des contenus scolaires, sans que le CSP ne dispose toutefois d’un pouvoir décisionnel direct.
Le Conseil supérieur des programmes, composé de personnalités qualifiées, d’enseignants, de chercheurs et de parlementaires, rend des avis consultatifs. Les décisions finales en matière de programmes relèvent du ministre de l’Éducation nationale.
À ce stade, aucune remise en cause formelle de la nomination n’a été engagée.
