À quelques jours de la reprise des travaux budgétaires à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, affirme vouloir un vote du budget de l’État avant la fin du mois de janvier. Dans un entretien accordé au quotidien Le Parisien, il détaille ses priorités budgétaires, précise la position du gouvernement sur le recours au 49.3 et annonce une baisse du coût de l’électricité à compter du 1er février.
Selon Le Parisien, le ministre estime que l’absence de budget ne peut se prolonger. « Il est temps qu’on passe à autre chose car le monde n’attend pas », déclare-t-il, en soulignant que la France ne peut rester durablement dans une situation transitoire. Il affirme que les conditions sont réunies pour un vote rapide, avec un examen du texte en commission dès la fin de la semaine suivante, sous l’autorité du président de la commission des Finances.
Interrogé sur la loi spéciale actuellement en vigueur, Roland Lescure indique qu’elle représentera a posteriori un coût de plusieurs milliards d’euros pour les finances publiques, précisant que « plus ça dure, plus ça coûte ». Il la décrit comme un dispositif temporaire, insistant sur le fait que « l’absence de budget n’est pas une option ». Le ministre exclut à ce stade le recours à l’article 49.3 de la Constitution, jugeant cet outil « déresponsabilisant », tout en rappelant qu’aucune méthode ne peut pallier l’absence d’accord sur un texte budgétaire.
Sur le fond, le ministre appelle les groupes parlementaires à rechercher des compromis. Il évoque notamment la contribution exceptionnelle des grandes entreprises, rappelant avoir soutenu un amendement visant une surtaxe de 6 milliards d’euros sur les 400 plus grandes sociétés afin de parvenir à un point d’équilibre entre les positions de la droite et de la gauche. Concernant la taxation des petits colis issus du commerce en ligne, il se prononce pour un montant de deux euros dans le cadre du budget national, en complément d’une taxe européenne de trois euros qui doit entrer en vigueur au 1er juillet.
Roland Lescure revient également sur les critiques émises par certains sénateurs après ses déclarations sur le déficit public. Il maintient qu’un déficit à 5,3 % du PIB est, selon ses termes, « inacceptable », affirmant qu’il est nécessaire de trouver au moins 10 milliards d’euros d’économies ou de recettes supplémentaires afin de rester sur une trajectoire permettant un retour à 3 % du PIB en 2029.
Sur le front énergétique, le ministre annonce une mesure visant à réduire le coût de l’électricité pour les consommateurs. Il indique avoir décidé de baisser la contribution tarifaire d’acheminement, ce qui entraînera, « au 1er février, une baisse de 5 % par an du prix de l’abonnement des factures d’électricité ». Selon ses estimations, cette mesure pourrait représenter jusqu’à 200 euros par an pour certains professionnels fortement consommateurs d’électricité et une dizaine d’euros par an pour un ménage. Il chiffre l’impact global à 540 millions d’euros de pouvoir d’achat restitués aux consommateurs.
Enfin, Roland Lescure évoque plusieurs dossiers internationaux et européens, dont les négociations autour de l’accord Mercosur, qu’il juge « ni adopté ni adapté » à ce stade, ainsi que les relations avec les États-Unis, annonçant une rencontre prochaine avec son homologue américain. Il réagit également à une polémique liée à une naturalisation récente, estimant que l’accueil de personnalités internationales relève de l’attractivité du pays.
Crédit photo : Roland Lescure via Facebook
