Alors que l’examen du budget 2026 s’enlise, Jérôme Guedj met en garde contre tout recours aux ordonnances. L’Assemblée reste divisée sur les mesures fiscales et sociales.
L’examen du budget 2026 se prolonge à l’Assemblée nationale dans un climat de plus en plus tendu. À mesure que les débats s’étirent, la menace d’un recours aux ordonnances agite les travées du Palais-Bourbon. Selon la Constitution, le gouvernement dispose de soixante-dix jours pour faire adopter le projet de loi de finances et de cinquante jours pour celui de la Sécurité sociale. Au-delà, l’exécutif peut promulguer tout ou partie du texte par ordonnances si le retard est imputable au Parlement.
Pour Jérôme Guedj, député socialiste de l’Essonne, cette hypothèse serait politiquement explosive. Interrogé sur LCP, il a mis en garde l’exécutif : « S’il y a ordonnances, le gouvernement tombera. » Selon lui, une telle procédure marquerait la rupture définitive du fragile équilibre trouvé au fil des discussions budgétaires. Le parlementaire plaide au contraire pour un compromis patient, construit « pas à pas », entre les différentes forces politiques.
L’agenda parlementaire de la fin octobre illustre la crispation du moment. Les députés ont rejeté la création d’une taxe sur le patrimoine, dite taxe Zucman, censée instaurer une contribution exceptionnelle sur les grandes fortunes. Le texte prévoyant la suspension de la réforme des retraites a, lui, été adopté en commission, avant d’être finalement rejeté dans son ensemble en amont de la séance publique. Dans le même temps, les élus ont approuvé la création d’un impôt sur la fortune improductive, mesure présentée comme un moyen de renforcer la justice fiscale et de mobiliser le capital dormant vers l’investissement productif. Ces épisodes traduisent la fragmentation du paysage politique, où chaque majorité de circonstance se forme sur un point précis avant de se déliter sur le suivant.
En toile de fond, l’exécutif tente de préserver la trajectoire budgétaire promise à Bruxelles, dans un contexte d’endettement élevé et de croissance incertaine. La perspective d’un recours aux ordonnances reste théorique mais suffit à tendre le climat politique. Si elle devait se concrétiser, elle ouvrirait une crise institutionnelle majeure, susceptible d’entraîner une nouvelle motion de censure et de fragiliser encore la position du Premier ministre.
Pour l’heure, les discussions se poursuivent dans un climat de méfiance généralisée, chacun mesurant la portée d’un budget devenu le baromètre des équilibres politiques. Entre la volonté d’éviter la paralysie et la crainte d’un passage en force, l’automne parlementaire s’annonce long et incertain.
En savoir plus sur Figures Publiques
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
