dimanche 8 février 2026
Crédit photo : Marine Le Pen via Facebook

Assistants parlementaires du FN : le parquet requiert l’inéligibilité de Marine Le Pen en appel

par Rédaction Figures Publiques
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Le procès en appel de l’affaire des assistants parlementaires du Front National (FN) a franchi une étape décisive mardi 3 février 2026. Devant la cour d’appel de Paris, les avocats généraux ont prononcé leurs réquisitions à l’encontre de Marine Le Pen et des autres cadres du parti, accusés d’avoir mis en place un système de détournement de fonds européens pour financer le parti entre 2004 et 2016.

Des réquisitions de prison et d’inéligibilité

Le ministère public a requis contre Marine Le Pen une peine de quatre ans de prison, dont un an ferme aménageable sous bracelet électronique, ainsi qu’une amende de 100 000 euros. Les magistrats ont également demandé la confirmation d’une peine de cinq ans d’inéligibilité. Thierry Ramonatxo, l’un des deux avocats généraux, a fustigé une « organisation frauduleuse » et un « système pensé afin de détourner des fonds publics », désignant Marine Le Pen comme la « tête du système ».

Contrairement au jugement de première instance rendu en mars 2025, le parquet général n’a pas réclamé l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité. Si la cour d’appel suit ces réquisitions lors de son délibéré attendu avant l’été, l’inéligibilité ne s’appliquerait qu’une fois la décision devenue définitive, après un éventuel pourvoi en cassation.

Le Parlement européen salue la démonstration du parquet

Partie civile dans ce dossier, le Parlement européen, représenté par Me Patrick Maisonneuve, s’est déclaré « entièrement d’accord » avec l’analyse du ministère public. L’avocat a souligné la mise en évidence d’un système structuré sur plusieurs années. En première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait déjà reconnu l’existence d’un préjudice massif pour l’institution européenne, évalué à plus de trois millions d’euros.

Des peines ciblées pour les autres cadres du RN

Le parquet général a également détaillé ses réquisitions pour les autres prévenus impliqués dans ce dossier. À l’encontre de Julien Odoul, le ministère public a demandé une peine de huit mois de prison avec sursis assortie d’un an d’inéligibilité. Concernant Louis Aliot et Nicolas Bay, les magistrats ont requis dix-huit mois de prison avec sursis, 8 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité. Enfin, pour le Rassemblement National en tant que personne morale, le parquet a préconisé une amende de deux millions d’euros, dont un million avec sursis, ainsi que la confiscation d’un million d’euros.

L’avenir politique de Marine Le Pen en suspens

Présente à l’audience, la cheffe de file des députés RN n’a pas pris la parole après le réquisitoire, confiant simplement à la presse : « Ce n’est pas moi qui décide, je n’ai pas les cartes en main ». Marine Le Pen, qui nie tout système de détournement et invoque une « désorganisation » administrative, joue sa participation à l’élection présidentielle de 2027.

Une condamnation à l’inéligibilité, même sans exécution provisoire, pourrait compromettre sa candidature si la procédure judiciaire arrivait à son terme définitif avant le scrutin. Les plaidoiries de la défense doivent débuter mercredi et se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine.

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