Le député écologiste Emmanuel Duplessy, rapporteur pour avis de la mission « Pouvoirs publics » dans le cadre du budget 2026, propose d’arrêter la vente d’alcool à la buvette du Palais-Bourbon et de sortir l’alcool des dépenses remboursables au titre des frais de mandat. Le Bureau de l’Assemblée devra trancher.
Le rapport pour avis, publié le 31 octobre, préconise deux mesures distinctes: mettre fin à la vente de boissons alcoolisées à la buvette réservée aux parlementaires et retirer l’éligibilité des achats d’alcool lorsque ceux-ci sont imputés aux frais de repas des députés. L’auteur assume un argument d’exemplarité en rappelant qu’il s’agit d’un lieu de travail et que les dépenses publiques doivent être justifiées avec rigueur. L’entretien d’Emmanuel Duplessy précise que l’objectif n’est pas de stigmatiser la restauration interne mais d’agir sur un symbole institutionnel et sur les règles de remboursement, afin d’aligner les pratiques sur les standards attendus du service public.
La mesure ne viserait pas les restaurants de l’Assemblée, qui resteraient soumis aux règles générales, mais interdirait l’alcool au point de vente emblématique qu’est la buvette. Paris Match résume ainsi la ligne du rapporteur: sobriété à la buvette, discipline sur l’argent public, continuité de service pour la restauration.
Le cadre institutionnel et budgétaire
Cette proposition s’inscrit dans l’examen des crédits de la mission « Pouvoirs publics » du projet de loi de finances 2026, dont la Commission des lois a débattu début novembre. Juridiquement, aucune interdiction ne s’appliquera sans décision des instances internes: le Bureau de l’Assemblée est compétent pour fixer les règles de fonctionnement (buvette, restaurants) et pour modifier l’arrêté encadrant les dépenses remboursables au titre de l’avance de frais de mandat.
Le compte rendu de la Commission rappelle le périmètre de la mission et le rôle du rapporteur pour avis, qui peut formuler des recommandations de gestion et d’exemplarité. Dans ce cadre, l’arrêt de la vente d’alcool à la buvette serait une mesure de police interne, tandis que l’exclusion des boissons alcoolisées des remboursements relèverait d’une clarification des dépenses inéligibles. Les deux leviers peuvent être activés séparément mais participent, selon le rapporteur, d’un même objectif de crédibilité de l’institution.
Un débat qui divise l’hémicycle
La publication a immédiatement suscité des réactions contrastées. Une partie des élus met en avant l’exemplarité d’un lieu de travail sans alcool et la cohérence avec les règles applicables ailleurs dans la fonction publique. D’autres dénoncent une « mesure démagogique » et défendent une dimension « vitrine » des produits régionaux, signe que le sujet mêle symbolique républicaine, image de l’institution et usages parlementaires. Plusieurs médias ont relevé que l’opinion des groupes n’est pas homogène et que les échanges débordent la ligne majorité-opposition classique.
Le Monde souligne cette tension entre sobriété institutionnelle et traditions parlementaires, quand TF1 Info pointe la crispation de certains députés face à une restriction perçue comme excessive. En somme, l’arbitrage attendu dira autant la politique interne de l’Assemblée que sa volonté d’exemplarité budgétaire.
Prochaine étape et points à surveiller
Concrètement, deux décisions sont attendues: une délibération du Bureau pour la buvette et une mise à jour de la liste des dépenses inéligibles pour l’avance de frais de mandat. Les services devront ensuite traduire ces orientations en règles opérationnelles, notamment sur la carte des points de vente, la traçabilité des dépenses de repas et le contrôle de l’éligibilité. Il faudra aussi préciser le calendrier d’entrée en vigueur pour éviter les ruptures de service et informer les fournisseurs. Les débats en Commission montrent que ces ajustements s’inscrivent dans un continuum de mesures destinées à clarifier l’usage des dotations publiques, avec un objectif d’exemplarité et de lisibilité pour le citoyen. À court terme, l’Assemblée devra donc arbitrer entre continuité des usages et signal institutionnel fort, en assumant les conséquences pratiques sur l’organisation interne.
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