Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a signé deux décrets réformant l’Aide médicale d’État (AME), publiés ce dimanche 8 février au Journal officiel. Ce dispositif, qui permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins, fait l’objet d’un durcissement administratif sans toutefois modifier, à ce stade, la liste des prestations médicales couvertes.
Le premier texte vise spécifiquement à renforcer la lutte contre la fraude dans l’instruction des dossiers. Selon Matignon, ces nouvelles mesures de contrôle pourraient générer une économie de 180 millions d’euros sur un budget global évalué à 1,2 milliard d’euros pour l’année 2026. Le second décret a pour objectif de moderniser les échanges d’informations en facilitant l’accès informatique des consulats aux données relatives aux demandeurs, afin de mieux vérifier les conditions de ressources et de résidence.
Interrogé par la presse quotidienne régionale, le chef du gouvernement a défendu le maintien de l’AME, la jugeant absolument indispensable d’un point de vue sanitaire pour prévenir la propagation de maladies et éviter des prises en charge hospitalières plus coûteuses en urgence. Sébastien Lecornu a toutefois admis qu’une réflexion sur le panier de soins restait ouverte pour l’avenir, précisant que les arbitrages techniques n’étaient pas encore finalisés.
Cette réforme a suscité une vive opposition de la part de Marine Le Pen. Sur le réseau social X, la présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale a accusé le Premier ministre de refuser de s’attaquer au fond du problème. Elle estime que le maintien du dispositif aggrave l’attractivité migratoire de la France et dénonce une déconnexion vis-à-vis des Français dont les dépenses de santé restent élevées.
Parallèlement à ces mesures, le Premier ministre a annoncé le lancement d’une expérimentation utilisant l’intelligence artificielle pour accélérer le traitement des titres de séjour dans les préfectures. Cinq départements pilotes, notamment en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, testeront ce dispositif dès 2026 avant une possible généralisation l’année suivante. Cette annonce s’inscrit dans une volonté de simplifier les procédures administratives tout en renforçant la rigueur des contrôles migratoires.
