lundi 9 février 2026
Police nationale : Alliance appelle à une mobilisation citoyenne le 31 janvier face à une situation jugée critique

Alain Barberis secrétaire régional Auvergne Rhône-Alpes d’Alliance Police Nationale est l’invité de Parler Vrai

par La Rédaction
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Le syndicat Alliance Police Nationale appelle à une mobilisation citoyenne nationale le 31 janvier, avec des marches organisées dans 24 villes en France, dont Clermont-Ferrand, Lyon et Grenoble pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’initiative se veut inédite par son ouverture au grand public, aux élus et aux associations.

Secrétaire régional Auvergne-Rhône-Alpes d’Alliance Police Nationale, Alain Barberis justifie cet appel par une situation qu’il qualifie de « crise sécuritaire sans précédent ». Selon lui, les forces de police font face à une accumulation de missions sans renforts humains suffisants, dans un contexte marqué par la lutte contre le narcotrafic, les violences intrafamiliales, les troubles à l’ordre public et une hausse des violences quotidiennes.

Le syndicat pointe en priorité un manque d’effectifs. Alain Barberis estime que les discours politiques évoquant une « guerre contre le narcotrafic » ne sont pas suivis d’actes concrets sur le terrain. Il évoque une perte progressive des effectifs sur plusieurs années, citant notamment la sécurité des transports en commun lyonnais, où les effectifs auraient diminué de moitié en vingt ans, alors même que la population et le réseau se sont étendus.

Selon le responsable syndical, cette pression continue pèse lourdement sur les policiers, engagés depuis 2015 dans une succession de crises sécuritaires sans période de répit. Il décrit un sentiment mêlant résilience, fatigue et frustration, lié notamment à une perte de sens du métier et à l’impression de devoir interpeller à répétition les mêmes individus, sans réponse pénale jugée dissuasive.

Alain Barberis alerte également sur ce qu’il considère comme une perte générale d’autorité, touchant non seulement la police, mais aussi les enseignants, les soignants et les sapeurs-pompiers. Il évoque une incompréhension croissante des citoyens face aux décisions judiciaires et aux difficultés d’exécution de certaines mesures, notamment en matière d’éloignement du territoire.

Pour Alliance Police Nationale, cette mobilisation vise à alerter l’opinion publique sur l’état des forces de sécurité intérieure et à rappeler que la sécurité constitue, selon le syndicat, une condition préalable à l’exercice des libertés. Le syndicat précise ne pas s’inscrire dans une démarche politique partisane, mais dans une action syndicale centrée sur les conditions d’exercice des missions régaliennes de la police nationale.


Dans la continuité de cet appel, Alain Barberis insiste sur ce qu’il présente comme la priorité absolue pour la police nationale : les moyens humains. Selon lui, les forces de l’ordre sont aujourd’hui sous-dimensionnées, après des années de baisse des effectifs, alors même que les missions n’ont cessé de s’élargir. Le responsable syndical souligne que le recrutement et la formation nécessitent du temps, mais surtout des budgets à la hauteur des enjeux.

Alliance Police Nationale rappelle avoir alerté dès février 2025 lors d’une mobilisation visant à obtenir une rallonge budgétaire dans le cadre du projet de loi de finances. Une alerte que le syndicat estime confirmée par la situation actuelle, dans un contexte politique qu’il juge instable, marqué par les difficultés de fonctionnement de l’Assemblée nationale et la succession rapide des responsables ministériels.

Selon Alain Barberis, ces changements fréquents à la tête du ministère de l’Intérieur et de l’administration centrale génèrent une instabilité sur l’ensemble de la chaîne hiérarchique, compliquant la mise en œuvre d’une stratégie de sécurité cohérente et durable. Il évoque également un sentiment d’insécurité persistante, notamment dans l’agglomération lyonnaise, qu’il attribue à une accumulation de facteurs : manque d’effectifs, lourdeur des procédures et décisions judiciaires parfois jugées incomprises, tant par les policiers que par la population et les victimes.

Le secrétaire régional d’Alliance Police Nationale rejette l’idée d’un simple « sentiment d’impunité », évoquant au contraire une réalité d’insécurité et de récidive, ressentie sur le terrain. Il alerte aussi sur les risques psychosociaux au sein de la police, rappelant que le métier figure parmi ceux exposés à un niveau élevé de stress et de suicides, dans un contexte d’exposition permanente à la violence.

Sur l’image de la police, Alain Barberis estime qu’une minorité de discours et de prises de position contribue à dégrader la perception de l’uniforme, tout en rappelant que, selon plusieurs sondages récents, une large majorité de Français continue de soutenir les forces de l’ordre. Un soutien que le syndicat appelle à traduire concrètement par une présence lors de la mobilisation du 31 janvier.

Alliance Police Nationale affirme ne pas s’inscrire dans une logique de politique partisane, mais dans une démarche syndicale visant à replacer la sécurité au centre du débat public, notamment à l’approche des échéances électorales locales. Le syndicat appelle à des actes rapides et concrets, citant notamment l’absence, à ce jour, d’un plan d’investigation annoncé depuis plusieurs mois et toujours non budgété.

Pour le syndicat, les conséquences de l’absence de décisions budgétaires se font déjà sentir sur le terrain, avec des retards dans le renouvellement du parc automobile ou dans l’acquisition de matériel. Alain Barberis met en garde contre le risque d’un décrochage entre la population et les institutions, évoquant la tentation, pour certains citoyens, de se faire justice eux-mêmes face à un sentiment d’abandon.

La mobilisation du 31 janvier doit, selon Alliance Police Nationale, servir de signal d’alerte. À Lyon, le cortège partira à 11 heures de la place Maréchal-Lyautey en direction de la préfecture du Rhône. Des rassemblements sont également prévus à Clermont-Ferrand et Grenoble, avec des parcours se terminant devant les préfectures.

Le syndicat affirme vouloir porter un message centré sur la protection des policiers, juridiquement et matériellement, mais aussi sur la sécurité des citoyens et la préservation des institutions républicaines. Selon Alain Barberis, l’objectif est de permettre aux forces de l’ordre de retrouver du sens dans leur mission et aux Français de pouvoir vivre et circuler sereinement dans l’espace public.

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