La députée LFI Sophia Chikirou s’est rendue devant un commissariat parisien pour soutenir des militants propalestiniens arrêtés après les incidents survenus à la Philharmonie de Paris lors d’un concert de l’orchestre philharmonique d’Israël.
La députée La France insoumise Sophia Chikirou s’est rendue vendredi soir devant le commissariat du 19ᵉ arrondissement de Paris, où étaient placés en garde à vue plusieurs militants propalestiniens interpellés la veille à la Philharmonie de Paris. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir allumé des fumigènes et provoqué des heurts lors du concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël, jeudi 6 novembre, entraînant à plusieurs reprises l’interruption de la représentation.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, la députée LFI explique être venue « exercer [son] droit de visite des lieux de détention » et avoir rencontré les quatre personnes gardées à vue. Elle affirme être là pour « exiger leur libération », dénonçant une répression qu’elle juge « injuste ». Selon elle, les militants propalestiniens seraient des manifestants « pacifiques » qui auraient au contraire été « agressés », évoquant l’un d’eux qui se serait vu prescrire des examens à l’hôpital pour vérifier l’absence de traumatisme crânien.
Sophia Chikirou replace ces actions dans le contexte du conflit israélo-palestinien. Elle rappelle que le concert concernait l’orchestre philharmonique d’Israël et soutient que les protestations s’inscrivent, selon elle, dans une mobilisation « à juste titre » face aux bombardements à Gaza et au Liban et à la poursuite de la colonisation en Cisjordanie. Dans sa vidéo, elle estime que « la mobilisation doit se poursuivre » et conteste la version majoritaire des événements: « Ce n’étaient pas des militants agressifs, ce sont des militants qui ont été agressés », résume-t-elle.
Devant le commissariat, où se sont également rassemblés des soutiens de la cause palestinienne, des tensions ont été signalées avec des passants et des militants pro-israéliens. Sophia Chikirou dit avoir appelé ses sympathisants au calme pour éviter l’escalade, tout en critiquant le comportement de certains policiers, qu’elle accuse de ne pas toujours se montrer « dignes de l’uniforme » et de se livrer à des « provocations », selon ses termes.
Selon les éléments communiqués par la presse et les autorités, quatre personnes ont été interpellées à la suite des incidents survenus à la Philharmonie. Trois ont été placées en garde à vue pour participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations, une quatrième pour organisation d’une manifestation non déclarée. Parmi elles, un individu est fiché S pour son appartenance à la mouvance contestataire.
La direction de la Philharmonie, ainsi que plusieurs responsables politiques, ont condamné cette action, dénonçant un climat d’intimidation et rappelant que la sécurité du public et des artistes ne saurait être mise en cause.
Cette séquence s’inscrit dans un contexte de fortes tensions politiques et symboliques autour des événements culturels impliquant des artistes israéliens en Europe. À gauche, certains élus LFI, comme Thomas Portes, ont publiquement soutenu ce type d’actions en les jugeant « légitimes et nécessaires », tandis qu’une partie de la majorité et de l’opposition les considèrent comme des atteintes à la liberté de création et comme des dérives susceptibles d’alimenter les tensions antisémites.
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