Après la signature d’une déclaration d’intention sur la vente future de 100 Rafale à l’Ukraine, Emmanuel Macron revendique un choix de fermeté face au Kremlin, présenté comme un investissement dans la sécurité européenne et une paix « juste et durable ».
En signant avec Volodymyr Zelensky une déclaration d’intention sur la vente future de 100 Rafale à l’Ukraine, Emmanuel Macron ne fait pas qu’annoncer un méga-contrat d’armement. Le président assume une ligne claire : la France soutient l’Ukraine sur le long terme pour garantir une paix « juste et durable » et la sécurité des Européens. Selon la présidence, cet accord sur dix ans doit permettre à Kiev de se doter d’une aviation de combat moderne, de systèmes SAMP-T nouvelle génération, de radars, de drones et de munitions guidées, afin d’être capable de dissuader toute nouvelle agression après la guerre.
Quand Moscou accuse Paris « d’alimenter la guerre », l’Élysée renvoie la responsabilité là où elle est : sur la Russie, seule à avoir choisi l’invasion en 2022 et à intensifier encore ses frappes contre les civils et les infrastructures ukrainiennes. Emmanuel Macron martèle que le soutien militaire français n’est pas un réflexe de bloc contre bloc, mais un investissement dans la sécurité collective du continent, pour empêcher qu’un voisin agressé soit, demain, de nouveau tenté.
Sur le fond, le chef de l’État fait un double pari. D’abord un pari stratégique : sans puissance aérienne crédible, l’Ukraine resterait vulnérable à la prochaine offensive russe. Ensuite un pari politique européen : il place la France au centre du dispositif de garanties de sécurité, en assumant d’utiliser ses industriels de défense comme levier de souveraineté et de stabilité, là où le Kremlin parle de « militarisme ». Les livraisons de Rafale et de systèmes de défense aérienne s’inscrivent dans la coalition de pays volontaires qui veulent rendre opérationnelle, dès le lendemain d’un cessez-le-feu, une force multinationale de stabilisation.
Enfin, ce choix est aussi un message interne : la France n’est pas spectatrice de la guerre, elle agit. L’accord Rafale soutient une filière industrielle stratégique, des dizaines de milliers d’emplois et la capacité d’exportation de l’aéronautique de défense française, sans ponctionner les escadrons de l’armée de l’Air selon les précisions données sur le calendrier de production. Emmanuel Macron lie ainsi l’aide à l’Ukraine, la protection des Européens et la défense de l’outil industriel national, en assumant une ligne de fermeté face au Kremlin, plutôt que la tentation du repli ou de l’ambiguïté.
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