Un étudiant de 23 ans, se revendiquant royaliste, a été condamné à un an de prison avec sursis pour la dégradation de la tombe de Robert Badinter à Bagneux, le jour de sa panthéonisation. Le tribunal de Nanterre assortit la peine d’obligations de soins et de travaux d’intérêt général.
Le jeune homme qui avait vandalisé la tombe de Robert Badinter le jour de son entrée au Panthéon a été condamné ce mercredi 3 décembre à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nanterre. D’après les comptes rendus d’audience publiés par Le Monde, il s’agit d’un étudiant de 23 ans, issu d’une grande école, jugé pour profanation de sépulture et dégradation du bien d’autrui. Sa peine est assortie d’une obligation de soins, de 140 heures de travail d’intérêt général et d’un stage de citoyenneté.
Les faits remontent au 9 octobre 2025. Quelques heures avant la panthéonisation de l’ancien garde des Sceaux, la sépulture de Robert Badinter, située au cimetière de Bagneux, avait été couverte d’inscriptions injurieuses à la peinture bleue, visant directement son combat pour l’abolition de la peine de mort, comme l’ont détaillé RTL. Les services municipaux avaient nettoyé la tombe dans la journée, tandis qu’Emmanuel Macron dénonçait sur le réseau X un acte indigne, déclarant : « Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire. La République est toujours plus forte que la haine. »
Interpellé début décembre après exploitation des vidéos de surveillance et du bornage téléphonique, l’étudiant a reconnu les faits. Selon le récit d’audience publié par Le Monde, il s’est présenté comme « royaliste » et a dit avoir été « séduit » par cette idéologie, tout en évoquant sa fascination pour la figure de Jean-Marie Le Pen et la dégradation de la tombe de l’ancien chef du Front national à La Trinité-sur-Mer en janvier 2025, affaire largement documentée par la presse nationale et par France 24. Le tribunal a souligné le caractère réfléchi de la profanation : un plan du cimetière, avec l’emplacement de la tombe annoté, a été retrouvé à son domicile, précisent TF1 Info.
À l’audience, le président du tribunal s’est interrogé sur le parcours de ce « bon élève » basculant dans un acte politique radical, pointant la combinaison d’un imaginaire ultra-droitisé et d’une consommation massive de contenus militants sur les réseaux sociaux, telle que l’a décrite le procureur dans ses réquisitions, rapportées par Le Monde. L’étudiant, l’air contrit, a reconnu avoir agi « avec froideur » et a présenté ses excuses à la famille de Robert Badinter, tout en admettant que son geste était « lâche ». La condamnation, exclusivement assortie de sursis, se veut à la fois un avertissement pénal et une tentative de réinscription du jeune homme dans un cadre de soins et de responsabilité civique.
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