Invité de « Bonjour chez vous » sur Public Sénat, le général Vincent Desportes estime que la polémique autour du chef d’État-Major Fabien Mandon porte la marque d’une « menace hybride » russe. Il défend le rétablissement d’un service militaire de dix mois pour des volontaires, jugeant cette réforme indispensable pour renforcer l’armée française et libérer jusqu’à 50 000 combattants professionnels.
Invité de l’émission « Bonjour chez vous » sur Public Sénat vendredi 28 novembre, le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre, a mis en garde contre ce qu’il qualifie de « menace hybride » russe. Il estime que la polémique suscitée par les propos du chef d’État-Major des Armées, le général Fabien Mandon, sur la préparation à un possible conflit de haute intensité, n’est pas qu’un simple emballement médiatique.
Selon lui, la récupération et la déformation de ces déclarations sur les réseaux sociaux portent très clairement la marque d’une stratégie d’influence ennemie. « Derrière la manière dont les propos du chef d’État-Major des Armées ont été tournés sur les réseaux sociaux, je suis quasiment sûr qu’il y a la main de Poutine. Quelle belle cible de le décrédibiliser alors que l’on veut remonter en puissance », affirme le général, cité par .
Pour Vincent Desportes, cette guerre informationnelle s’inscrit dans un cadre plus large. Depuis plusieurs semaines, il alerte sur une Russie engagée dans un rapport de force durable avec les pays européens, bien au-delà du front ukrainien. Sur TF1 Info, il déclarait déjà en octobre que « la France doit se réveiller, elle est en danger », en pointant la combinaison d’une menace russe assumée et d’un affaiblissement des capacités militaires occidentales.
Un service militaire « indispensable » pour regonfler le format de l’armée
Dans ce contexte, le général Desportes voit dans le retour annoncé d’un service militaire une réponse nécessaire. Le président de la République a présenté la transformation du Service national universel en un service militaire de dix mois pour des jeunes volontaires sélectionnés, avec un objectif de 3 000 incorporations en 2026 puis 50 000 à l’horizon 2035, rappelle Public Sénat.
Pour l’ancien patron de l’École de guerre, cette réforme n’est ni improvisée ni symbolique. « Le rétablissement du service militaire était indispensable et longuement réfléchi par les différentes autorités et le ministère des Armées », explique-t-il. Selon lui, les armées ne se seraient pas engagées dans ce projet sans études préalables solides: « Ce qu’il en ressort, c’est un nombre de volontaires supérieur, voire largement supérieur, aux places offertes. »
Des réservistes pour libérer 50 000 combattants professionnels
Vincent Desportes insiste sur le rôle concret de ces futurs volontaires. Il rappelle que l’armée française dispose de forces bien entraînées mais dimensionnées, depuis près de vingt ans, pour des opérations extérieures limitées. « Notre armée est excellente, mais toute petite », résume-t-il.
L’idée est de confier aux réservistes une partie des missions sur le territoire national, afin de dégager du temps et des effectifs pour les unités d’active. « Ces nouveaux réservistes pourront effectuer les tâches militaires sur le territoire national et dégager près de 50 000 combattants professionnels », précise le général sur Public Sénat.
Dans son analyse, la France entre dans une période où elle doit se préparer à un « choc » possible dans les années à venir, tout en faisant face à des offensives d’influence visant à miner la confiance dans ses institutions militaires. Entre menace hybride, réarmement et retour du service militaire, le message de Vincent Desportes est clair: le pays doit renforcer simultanément ses moyens militaires, sa cohésion de défense et sa résistance aux campagnes de désinformation.
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