L’ancien ministre et premier président de la Cour des comptes André Chandernagor est décédé à 104 ans. Député pendant vingt-trois ans, il fut une figure majeure de la vie politique creusoise et nationale.
Figure marquante de la vie politique creusoise et de la Ve République, l’ancien ministre et député André Chandernagor est décédé mardi à l’âge de 104 ans. L’information a été confirmée mercredi 19 novembre par le maire d’Aubusson, informé directement par la famille, selon ICI Creuse.
Né en 1921 dans la Vienne, André Chandernagor entre à l’Assemblée nationale dès 1958 comme député d’Aubusson. Il y siégera durant vingt-trois ans, devenant l’un des parlementaires les plus influents du département. En 1967, il accède à la vice-présidence de l’Assemblée nationale, fonction qu’il occupe jusqu’en 1968.
Proche de Pierre Mauroy, il rejoint en 1981 le premier gouvernement de François Mitterrand en tant que ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, chargé des Affaires européennes. Il occupe ce portefeuille jusqu’en 1983, au sein des différents gouvernements Mauroy, à une période charnière marquée par les grands débats européens et la relance de la construction communautaire.
À l’issue de sa carrière ministérielle, il est nommé premier président de la Cour des comptes en 1983. Il exercera cette charge jusqu’en 1990, avant de devenir premier président honoraire. Sa rigueur, son indépendance et sa vision exigeante du contrôle public ont durablement marqué l’institution.
Très discret après son retrait de la vie politique nationale, André Chandernagor intervient publiquement une dernière fois en 2017 pour soutenir Jean-Baptiste Moreau, alors candidat LREM aux législatives en Creuse.
Sa famille reste étroitement ancrée dans le département. Son fils Thierry a présidé le Conseil général de la Creuse entre 1992 et 1994. Sa fille Françoise Chandernagor, romancière reconnue, membre de l’Académie Goncourt et haute fonctionnaire, poursuit également une carrière littéraire et institutionnelle de premier plan.
Avec sa disparition, la Creuse perd l’un de ses grands serviteurs, et la République l’un des derniers témoins directs de la fondation de ses institutions modernes.
En savoir plus sur Figures Publiques
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
