Lors d’un colloque Salle Gaveau, la CFE-CGC a réuni plus de 300 participants pour débattre du maintien dans l’emploi, du retour au travail et de l’inclusion des personnes en situation de handicap, en insistant sur la formation, le dialogue social et la fin des préjugés.
À la Salle Gaveau, la CFE-CGC a réuni plus de 300 personnes autour d’un colloque consacré au handicap et au parcours professionnel des salariés concernés. Dirigeants syndicaux, experts, médecins du travail, responsables associatifs et témoins de terrain ont confronté leurs expériences autour d’une idée centrale: l’entreprise ne peut plus se contenter de l’affichage, elle doit organiser concrètement l’égalité des chances.
Le président de la CFE-CGC, François Hommeril, a rappelé que le sujet n’est pas nouveau pour l’organisation: depuis deux décennies, elle travaille sur le handicap au travail, avec l’ambition de porter le débat au niveau le plus élevé, dans les branches comme dans les entreprises. Le négociateur confédéral Christophe Roth a, lui, résumé l’enjeu d’une formule: une entreprise qui se ferme aux personnes en situation de handicap se prive de compétences; celle qui ouvre ses portes progresse.
Les interventions ont ensuite insisté sur deux temps clés: la période de la maladie et le retour dans l’emploi. La fondatrice de Cancer@Work, Anne Sophie Tuszynski, a souligné l’importance de préparer très tôt le retour au travail afin d’éviter le décrochage au bout de quelques mois d’arrêt. Le médecin du travail Christian Expert a rappelé que ce retour ne se construit ni à la dernière minute ni en silo, mais avec une coordination fine entre salarié, employeur, soignants et acteurs du dialogue social.
La directrice générale de l’Agefiph, Caroline Dekerle, a pointé la nécessité de former tout le monde: référents handicap, managers, élus du personnel, services RH. Objectif: anticiper les situations plutôt que subir les crises. Dans le même esprit, la CFE-CGC a présenté un nouveau guide pratique destiné à aider chaque élu à devenir un acteur de l’inclusion, en s’appuyant sur le dialogue social.
Les témoignages de terrain ont donné chair à ces principes. Sylvie Ribreau, directrice d’un ESAT, a montré comment le travail partagé fait tomber les préjugés et révèle des capacités souvent insoupçonnées. L’athlète paralympique et entrepreneur Ryadh Sallem a rappelé que ce qui bloque encore, ce n’est pas le handicap lui-même, mais la peur de mal faire. En fin de soirée, Philippe Croizon a livré un récit de vie marqué par la résilience, résumant sa philosophie: au début, on ne voit que le handicap; ensuite, on voit l’aventure.
Au fil des interventions, un fil rouge s’est imposé: écouter, parler, former, inclure. Derrière les textes et les obligations légales, il s’agit de transformer les organisations pour que les personnes en situation de handicap ne soient plus simplement « tolérées », mais pleinement considérées comme des professionnelles à part entière, avec des compétences, des projets et des carrières à construire.
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