À l’ouverture de la 62e Conférence de Munich sur la sécurité, les divergences entre la France et l’Allemagne apparaissent plus nettement sur plusieurs dossiers stratégiques. Sans rupture formelle, ces désaccords interrogent la capacité du partenariat franco-allemand à maintenir un rôle moteur au sein de l’Union européenne.
Défense : le projet SCAF au cœur des désaccords
Les tensions se cristallisent autour du Système de combat aérien du futur (SCAF), programme lancé en 2017 pour développer un avion de combat de nouvelle génération. Ce vendredi, une source industrielle allemande a évoqué la possibilité de développer deux avions de combat distincts dans le cadre du projet, illustrant les désaccords persistants entre les partenaires industriels, notamment Airbus et Dassault Aviation.
À ce stade, aucune décision politique n’a toutefois été actée par les gouvernements français et allemand.
Économie européenne : des visions toujours divergentes
Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le chancelier allemand Friedrich Merz a prononcé le discours d’ouverture, centré sur les enjeux géopolitiques et le rôle de l’Europe dans un contexte international dégradé.
En parallèle, des divergences franco-allemandes persistent sur les orientations économiques européennes. Berlin continue de se montrer réservé à l’égard d’un recours accru à l’endettement commun, tandis que Emmanuel Macron plaide pour une politique industrielle européenne plus ambitieuse, fondée sur un renforcement des capacités d’investissement à l’échelle de l’Union.
Un partenariat sous tension
Ces divergences s’inscrivent dans un contexte international marqué par une remise en question des équilibres multilatéraux, thème central du rapport 2026 de la Conférence de Munich. À ce stade, les observateurs évoquent moins une rupture qu’une phase de tensions structurelles, révélatrice des difficultés croissantes de coordination stratégique au sein de l’Union européenne.
