Après l’annonce par Washington de la capture et de l’exfiltration de Nicolás Maduro à l’issue d’une opération militaire américaine, Emmanuel Macron a réagi en appelant à une transition pacifique et démocratique au Venezuela. Les déclarations du chef de l’État interviennent dans un contexte international marqué par de fortes divergences diplomatiques.
Le président de la République Emmanuel Macron a estimé, samedi 3 janvier 2026, que le peuple vénézuélien ne pouvait que « se réjouir de la fin de la dictature Maduro », au lendemain d’une opération militaire américaine ayant conduit à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro. Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de l’État français a appelé à une « transition pacifique » et « démocratique » dans le pays.
Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir.
Emmanuel macron, president de la republique
« En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple », a écrit Emmanuel Macron, tout en soulignant la nécessité de rendre aux Vénézuéliens la maîtrise de leur avenir politique. Cette prise de position intervient après l’annonce, par le président américain Donald Trump, de la capture et de l’exfiltration de son homologue vénézuélien à l’issue d’une série de frappes aériennes menées dans la nuit de vendredi à samedi.
Selon les autorités américaines, l’opération, préparée « depuis des mois », aurait mobilisé plus de 150 avions. Nicolás Maduro et son épouse se seraient rendus sans opposer de résistance. Donald Trump a indiqué qu’ils étaient en route vers New York, où le président vénézuélien doit être jugé pour des faits qualifiés par Washington de narcoterrorisme. Le président américain a également affirmé que les États-Unis prendraient temporairement la direction du pays afin de garantir une transition « sûre », tout en annonçant l’arrivée prochaine de compagnies pétrolières américaines au Venezuela.
Ces déclarations ont suscité des réactions contrastées en France. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a condamné une opération qui, selon lui, contrevient au principe de non-recours à la force inscrit dans le droit international. Il a estimé qu’« aucune solution politique durable » ne pouvait être imposée de l’extérieur et mis en garde contre les conséquences de telles violations par des États membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.
À l’opposé, plusieurs responsables de gauche ont dénoncé une intervention militaire illégale. Jean-Luc Mélenchon a évoqué un « enlèvement » du président vénézuélien et appelé la France à condamner clairement l’action américaine, affirmant qu’« il n’y a pas de bonne invasion ».
Sur le plan régional, Donald Trump a également multiplié les déclarations, affirmant notamment que la cheffe de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado ne disposait pas du soutien nécessaire pour gouverner. Il a par ailleurs proféré des menaces verbales à l’encontre du président colombien Gustavo Petro, l’accusant de complicité dans le trafic de cocaïne.
Dans ce contexte de fortes tensions diplomatiques, Emmanuel Macron a indiqué suivre « de près » l’évolution de la situation et s’entretenir avec les partenaires régionaux de la France. L’avenir politique du Venezuela, comme les modalités d’une éventuelle transition, restent à ce stade incertains et largement dépendants des rapports de force internationaux.
