Plusieurs grandes surfaces enregistrent des difficultés persistantes pour garnir leurs rayons d’œufs en ce mois de janvier 2026. Si les professionnels récusent le terme de pénurie totale, ils font face à une conjonction de facteurs climatiques, sanitaires et comportementaux qui fragilisent la disponibilité du produit.
Le phénomène est accentué par une hausse de la demande de 20 à 30 %, selon les responsables de la distribution locale. L’œuf demeure la protéine animale la moins chère du marché, ce qui soutient la consommation en période d’inflation.
Au-delà de la demande, la production française subit des contraintes structurelles. Le froid hivernal réduit naturellement la ponte, tandis que le retour de la grippe aviaire continue de peser sur les effectifs des élevages. Cédric Giraudet, président de la section avicole de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes, pointe également un manque d’attractivité du métier lié à des questions de rémunération et au durcissement des normes. La filière est engagée dans une transition importante visant à élever 90 % des poules hors cages d’ici 2030, ce qui nécessite des investissements lourds dans un contexte sanitaire incertain.
Pour répondre à ces tensions, la ministre de l’Agriculture a annoncé la promulgation, d’ici la fin du mois de janvier, de nouvelles dispositions législatives. Ces mesures visent à simplifier les procédures administratives pour faciliter l’installation de nouveaux poulaillers sur le territoire national. En attendant, les distributeurs adaptent leurs flux pour garantir un remplissage quotidien des rayons, bien que des ruptures temporaires puissent encore survenir en fin de journée.
