Dans une enquête publiée le 25 décembre 2025, Le Monde raconte les trajectoires de policiers et de gendarmes partis en cours de carrière, après avoir, selon le quotidien, « cru » dans leurs institutions, puis buté sur des lourdeurs administratives, des dysfonctionnements et une forme de culture du silence.
Le journal ouvre notamment sur le parcours de Florent Gensollen, entré dans la police avec l’ambition de « servir le public, protéger les institutions, être utile », avant de décrire une scolarité marquée, selon lui, par des remarques politiques et des « saillies racistes ». Affecté ensuite dans des services d’enquête, il dit avoir été confronté a des pratiques qu’il ne cautionnait pas, puis avoir été témoin de violences en garde a vue. Le Monde rapporte qu’il affirme avoir réagi sur le moment, puis s’etre progressivement interrogé sur son engagement, jusqu’a annoncer sa démission en juillet 2017.
Ce type de récit individuel s’inscrit dans un débat plus large: celui du renouvellement des effectifs dans les forces de sécurité intérieure. Dans un autre article publié le même jour, Le Monde détaille les chiffres de « sorties » enregistrées en 2024 dans la police nationale et les radiations en gendarmerie, a partir d’éléments attribués a la Place Beauvau. La logique est importante pour comprendre les ordres de grandeur: une « sortie » ne correspond pas automatiquement a une démission. Elle agrège aussi des changements de corps (promotions internes), des départs en retraite, des fins de contrat, des détachements ou des congés de longue durée.
Une réponse du gouvernement publiée sur le site du Sénat, en écho a une question sur une « vague » de départs, donne une ventilation précise pour 2024. Elle indique 12 657 « sorties » dans la police nationale en tenant compte des changements de corps, dont 3 647 changements de corps, 6 177 sorties définitives (retraite, ruptures de contrat, démissions, licenciements, radiations, révocations, fins de contrat) et 2 833 sorties temporaires (détachements, mutations inter-programmes, congés de longue durée). Pour la gendarmerie, la même réponse mentionne 4 538 radiations en 2024, avec 2 425 radiations avec droit a pension avant la limite d’age et 2 113 sans droit a pension.
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