Accueil ActualitésCongrès des maires: les élus du quotidien dénoncent « l’autre monde » de la politique nationale

Congrès des maires: les élus du quotidien dénoncent « l’autre monde » de la politique nationale

par Rédaction Figures Publiques

Au 107e Congrès des maires à Paris, près de 13 000 élus locaux expriment leurs inquiétudes face à l’instabilité politique nationale et au « capharnaüm budgétaire », tout en rappelant le rôle central de l’échelon de proximité à quatre mois des municipales.

Des maires inquiets de l’instabilité politique et du « capharnaüm budgétaire »

Dernier rendez-vous de la mandature pour les élus locaux: le 107e Congrès des maires réunit cette semaine à Paris près de 13 000 maires, un record selon le groupe EBRA. Le président de l’Association des maires de France, David Lisnard, résume ce mandat comme « un mandat qui a commencé par le confinement et qui se termine avec le capharnaüm budgétaire ». C’est ce désordre financier et institutionnel qui nourrit l’essentiel des conversations dans les allées du Palais des Congrès.

Sur le terrain, beaucoup décrivent une ambiance de « fin de cycle » dont personne ne voit l’issue. Le maire de Mantes-la-Jolie (Horizons), Raphaël Cognet, pointe l’impact direct du climat national sur les communes, tout en rappelant le contraste entre le verbe parlementaire et l’action locale: « nous, on fait, et eux, ils parlent », en référence aux services concrets rendus au quotidien, des écoles aux actions sociales. D’autres, comme Sylvette Le Strat, maire de Gueltas dans le Morbihan, s’alarment d’un désengagement croissant des citoyens et s’inquiètent d’ores et déjà du prochain budget et des dotations aux communes: « si le pays n’a pas de budget, comment nous, on en aurait ? »

Malgré un rejet massif affiché de la politique nationale, les élus locaux constatent qu’ils bénéficient encore d’une forme de bienveillance. Le maire LR d’Allauch, Lionel de Cala, souligne que ses administrés comprennent la complexité de l’équation budgétaire, mais continuent de faire confiance à l’échelon de proximité plutôt qu’au Parlement ou au gouvernement. Pour le maire PCF de Saint-Marcel-sur-Aude, Frédéric Nunez, l’explication est simple: au niveau local, des sensibilités opposées cohabitent mais travaillent ensemble « pour le bien commun », y compris au sein des intercommunalités.

Beaucoup, à l’image de Christian Lapalu, maire de Ventenac-en-Minervois, dénoncent une scène politique nationale obsédée par l’échéance de 2027, très éloignée des préoccupations de leurs administrés. Les maires disent parler « du quotidien des gens » quand, à Paris, « ils vivent dans un autre monde ». Un « autre monde » dont ils dépendent pourtant pour leurs budgets et leurs marges de manoeuvre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu est attendu jeudi pour la clôture du congrès: il devra rassurer des élus à la fois sollicités, encore respectés localement, mais profondément ébranlés par l’instabilité nationale.

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