Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé mardi à l’Assemblée nationale qu’il proposerait « une réparation » à Christine Paccoud-Grandjean, veuve de Caroline Grandjean, cette enseignante du Cantal qui s’est suicidée le 1er septembre 2025. Une réparation qui « pourrait prendre la forme d’une compensation financière », a précisé le ministre lors des questions au gouvernement.
Interrogée par ICI Pays d’Auvergne, Christine Paccoud-Grandjean a réagi publiquement à cette annonce. « Cette compensation financière, je la reçois comme ‘on va lui donner des sous à cette petite dame, et peut-être qu’elle va s’arrêter' », a-t-elle déclaré. « L’argent, c’est tellement rien à côté de ce que j’ai perdu. Ce n’est pas avec de l’argent qu’on va me faire taire. Je hurlerai jusqu’à ce que les responsables soient reconnus. »
Caroline Grandjean, 42 ans, directrice de l’école de Moussages, s’est donné la mort après plusieurs mois de harcèlement homophobe. Selon ICI Pays d’Auvergne, une enquête administrative ouverte après son décès a conclu vendredi à « des défaillances institutionnelles ». Le ou les auteurs des faits dénoncés n’ont pas été identifiés à ce stade.
Christine Paccoud-Grandjean estime que la proposition ministérielle constitue une première étape, mais elle réclame avant tout l’identification des responsabilités. « Je veux qu’on nomme les responsables », affirme-t-elle. Elle a déposé plainte contre l’Éducation nationale pour harcèlement.
Parmi les éléments avancés, la veuve évoque des alertes adressées par des organisations syndicales à plusieurs échelons de l’institution, jusqu’à trois mois avant le décès. « Un appel à l’aide, un appel au secours pour mon épouse », selon ses termes. « Ils avaient stipulé que la vie de l’un de leurs agents était en danger. Ce courrier est resté sans réponse de la part de la direction de l’Éducation nationale. »
Des discussions doivent désormais s’ouvrir entre le ministère et l’avocat de Christine Paccoud-Grandjean. À ce stade, aucune précision n’a été communiquée sur le calendrier ni sur les modalités éventuelles de la réparation évoquée par le ministre.
