Depuis quelques jours, des voix aux États-Unis plaident pour relancer un « plan de paix » entre la Russie et l’Ukraine. Sur le papier, l’intention semble noble. Dans les faits, elle pose une question morale simple : comment un agresseur pourrait-il dicter la paix à un pays qu’il a envahi, bombardé et meurtri depuis des années ?
La réalité est brutale. On ne négocie pas une paix équitable lorsque l’un des deux camps a violé les frontières internationales, détruit des villes et laissé derrière lui des milliers de morts, civils comme militaires. La paix ne peut pas être une récompense diplomatique accordée à celui qui a déclenché la guerre. L’histoire l’a montré. Chaque fois qu’un agresseur sort renforcé d’un conflit, il recommence ailleurs. Et ce sont toujours les citoyens innocents qui paient la facture.
Le plus scandaleux dans certaines propositions, c’est l’idée que l’Ukraine devrait accepter une négociation sur la base des gains territoriaux de Moscou. Accepter cela reviendrait à valider le principe selon lequel la force prime sur le droit. Ce serait un précédent dangereux non seulement pour l’Europe, mais pour l’ensemble de l’ordre international. Les peuples attaqués ne pardonnent jamais durablement une paix imposée. Ils la subissent. Et une paix subie n’est jamais une paix stable.
Il faut dire les choses clairement. Il n’existe aucune paix possible tant que l’agresseur dicte les termes. Une paix durable doit être construite sur trois piliers : la justice, la vérité et la sécurité. Tout le contraire d’une négociation précipitée pour satisfaire des intérêts géopolitiques à des milliers de kilomètres du front. Les Ukrainiens ne combattent pas par idéologie. Ils combattent parce qu’ils n’ont pas le choix. Leur pays a été attaqué. Leur peuple a été ciblé. Leur souveraineté a été niée.
Ce qui est réellement en jeu, ce n’est pas la géopolitique. C’est le principe même de l’intégrité territoriale. Aujourd’hui l’Ukraine. Demain un autre pays européen. Ce n’est pas un scénario de fiction. C’est un risque analysé par les états-majors, documenté par les services de renseignement et exprimé publiquement par le chef d’état-major français.
Imposer un plan de paix en ignorant la réalité du terrain, les morts, les destructions et l’ampleur du traumatisme collectif, serait une faute morale et stratégique. La paix ne se construit pas en récompensant la violence. Elle naît quand l’agresseur cesse de menacer et quand le pays agressé peut retrouver la maîtrise de son destin.
Tant que ces conditions ne sont pas réunies, parler de paix n’est qu’un mot. Et parfois, un mot qui peut coûter des vies.
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