Dix ans après les attentats, la France se souvient et rappelle l’importance de l’unité nationale, du respect des forces de l’ordre et de la lutte contre les discours de haine qui fragilisent la République.
Chaque année, le 13 novembre revient comme une déchirure silencieuse. Dix ans après les attentats de 2015, la France n’a rien oublié. Les images du Bataclan, des terrasses, du Stade de France restent gravées dans la mémoire collective. Elles parlent de vies fauchées, de familles brisées, de destins arrêtés par une violence aveugle. Elles rappellent aussi ce que nous avons affronté ce soir-là: la haine ciblant un pays pour ce qu’il est, pour ce qu’il incarne, pour les libertés que nous défendons.
Le président de la République l’a rappelé cette semaine. Les victimes venaient de dizaines de pays. Ce n’est pas un hasard. Paris, comme la France, est un lieu où l’on vient parce que l’on sait que nos libertés y sont protégées. Liberté d’aller et venir. Liberté de penser. Liberté de culture. Liberté de culte dans le cadre républicain fixé depuis la loi du 9 décembre 1905. Contrairement à ce que certains fantasment sur les réseaux sociaux, la laïcité n’est pas une arme contre les religions. C’est une protection pour toutes les convictions. Ceux qui affirment l’inverse ne savent pas ce qu’ils disent. Pire, ils nourrissent la même mécanique de désinformation qui, jadis, a rendu possible l’endoctrinement de quelques individus prêts à tuer.
Notre faiblesse collective est là. Nous n’allons pas assez vite pour contrer les discours qui attisent la haine, banalisent la violence et transforment des adolescents en relais de propagande. Une vidéo de trente secondes peut suffire à créer du chaos chez un esprit fragile. C’est dans cet espace que prospèrent les dérives. C’est dans ce vide que s’enracinent les radicalités.
Ce 13 novembre doit aussi être un hommage aux forces de l’ordre. Policiers, gendarmes, militaires, pompiers, secouristes, agents de sécurité, personnels de la police scientifique. Tous ceux qui, ce soir-là, ont couru vers le danger quand d’autres tentaient simplement de survivre. Leurs interventions ont évité un carnage encore plus grand. Leur traumatisme est réel et parfois durable. Beaucoup ont mis des années à se reconstruire. Leur engagement mérite la reconnaissance de la nation, tout comme leur protection.
Pourtant, trop souvent, une partie de la société les dénigre, les provoque, les filme pour le buzz, les insulte pour quelques clics. Cette dérive, encouragée par une minorité bruyante et irresponsable, fragilise le lien entre citoyens et institutions. Elle affaiblit ce que les attentats avaient révélé: l’unité dans l’épreuve. En janvier 2015, des centaines de milliers de Français les avaient acclamés. Dix ans plus tard, il est temps de retrouver ce lien, pas de le casser.
La division nourrit les extrêmes. La haine nourrit les fractures. L’oubli nourrit les erreurs. Nous n’avons pas le luxe de recommencer. En janvier 2026, je proposerai un projet national pour renforcer ce lien entre la population et les forces de sécurité intérieure. Un projet de reconnaissance, de pédagogie et de cohésion. Parce que la mémoire ne doit pas servir à se lamenter, mais à agir.
La France doit rester debout. Et pour cela, elle doit rester unie.
Marche Républicaine du 15 janvier 2015.
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