samedi 17 janvier 2026
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[Édito] 2026 ne sera pas l’année des bonnes résolutions… si

par Vincent Boca
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L’année 2026 ne s’ouvrira pas sous le signe de l’insouciance. Le contexte international, d’abord, impose la lucidité. La Russie de Vladimir Poutine se montre chaque jour plus offensive. Dans ses dernières prises de parole, le président russe a clairement affirmé sa conviction de l’emporter. Ce n’est pas une posture. C’est une stratégie. Nous savons comment il s’est joué de la diplomatie française à l’hiver 2022. Il n’hésitera pas à recommencer, que ce soit face à Emmanuel Macron ou face à Donald Trump. Le message est clair : l’épreuve de force est assumée.

Face à ce monde qui se durcit, la France ne peut plus se permettre l’ambiguïté. Et pourtant, sur le plan intérieur, nous continuons à entretenir une fracture profonde entre deux pays. D’un côté, la France qui travaille, cotise, paie des impôts et tient le système à bout de bras. De l’autre, une France assistée, entretenue par des dispositifs qui, à force d’être cumulés et mal contrôlés, découragent l’effort et brouillent le sens de la solidarité.

Nous avons progressivement créé des mécanismes qui n’incitent plus à reprendre le travail. Accès gratuit aux soins et aux transports sans contrepartie, impôt présenté comme solidaire mais supporté par toujours les mêmes, prime d’activité qui permet parfois de compléter durablement un temps partiel, maintien prolongé dans le RSA ou le chômage sans obligation réelle de sortie. À cela s’ajoute la question des étrangers installés depuis plusieurs années dans ces dispositifs, sans perspective d’insertion ni participation civique. Le débat est tabou, mais il est désormais incontournable.

Le politique hésite à engager le bras de fer. Par crainte de l’impopularité, par confort ou par calcul électoral. Pourtant, la réalité est simple : ceux qui financent le système sont aussi ceux qui votent. Les élections municipales à venir risquent d’être un signal fort avant la présidentielle. Les Français ne veulent plus de cette France à deux vitesses. Ils veulent une règle claire, juste, appliquée à tous.

La fonction publique, elle aussi, devra se recentrer. Le régalien et l’hôpital doivent redevenir prioritaires. Sécurité, justice, santé. Tout le reste doit être interrogé sans dogme. L’État ne peut plus se disperser dans des politiques périphériques coûteuses, souvent inefficaces, pendant que les missions essentielles sont sous tension. Recentrer l’action publique sur ce qui est vital n’est pas une régression. C’est une nécessité.

Enfin, l’école devra affronter son propre malaise. Il faut enseigner avant de prétendre éduquer. L’État n’a pas vocation à se substituer aux familles. L’éducation relève d’abord des parents. L’enseignement relève de la République. Confondre les deux a affaibli l’autorité scolaire, dilué les savoirs et nourri le désordre. Ouvrir des états généraux de l’enseignement, clarifier les responsabilités et, peut-être, commencer par renommer ce ministère serait un premier acte symbolique fort.

2026 ne sera pas l’année des vœux pieux. Ce sera celle des choix. Dans un monde plus brutal, la France devra cesser de se mentir si elle veut rester debout.

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