Une série d’agressions ultra-violentes visant des détenteurs de cryptoactifs est recensée sur le territoire national depuis décembre. Selon des informations de RTL confirmées de sources concordantes, ces actes criminels découlent en partie du piratage d’une application spécialisée survenu à l’automne dernier. Les données siphonnées auraient permis à une nébuleuse criminelle de constituer une liste de cibles identifiées par leurs noms et adresses physiques.
Le mode opératoire se répète avec une violence marquée. Le 5 janvier, à Manosque, une femme a été ligotée et menacée à son domicile par trois individus cagoulés exigeant les clés informatiques de son compagnon. Le 8 janvier, à La Chapelle-Saint-Aubin dans la Sarthe, une famille avec trois enfants a été séquestrée durant une heure pour les mêmes motifs. Plus récemment, dans la nuit du 14 au 15 janvier, un couple de septuagénaires a été enlevé à Sallanches, en Haute-Savoie, avant d’être retrouvé blessé dans la Drôme le 16 janvier. Les ravisseurs utilisaient des vidéos de chantage destinées à leur fils, possesseur de cryptomonnaies.
L’Office anti-cybercriminalité (OFAC) et l’Unité nationale cyber (UNC) ont établi des rapprochements entre ces dossiers. Contrairement aux agressions de figures publiques du secteur début 2025, comme David Balland de Ledger ou la famille de Pierre Noizat de Paymium, cette vague cible majoritairement des anonymes. Les enquêteurs estiment que les auteurs des faits appartiennent à une même mouvance criminelle ayant exploité directement les fichiers piratés plutôt que de les revendre sur des marchés noirs.
Le Parquet national anti-criminalité organisée (PNACO) s’est saisi de quatre dossiers majeurs, notamment ceux de Dompierre-sur-Mer, où un couple a été délesté de 8 millions d’euros le 19 décembre, ainsi que les faits survenus dans la Sarthe et en Haute-Savoie. Une réunion de coordination entre l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (Oclco) et l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) de la gendarmerie s’est tenue le lundi 19 janvier pour définir une stratégie commune face à cette menace.
