Le gouvernement a annoncé la suspension de l’importation et de la commercialisation en France de certaines denrées alimentaires en provenance notamment d’Amérique du Sud, lorsqu’elles contiennent des résidus de substances interdites dans l’Union européenne. Un arrêté doit être publié le mardi 6 janvier, sous réserve d’un feu vert de la Commission européenne dans un délai de dix jours.
Le Premier ministre et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard ont indiqué dimanche 4 janvier que la France allait suspendre l’importation de denrées alimentaires contenant des résidus de plusieurs substances interdites en Europe. Selon Sébastien Lecornu, un arrêté doit être pris « dans les prochains jours » pour viser notamment le mancozèbe, le glufosinate, le thiophanate-méthyl et le carbendazime, présentés comme des substances utilisées comme fongicides ou herbicides.
Contacté par l’AFP, le ministère de l’Agriculture a précisé que l’arrêté serait publié le mardi 6 janvier 2026. Le même dispositif reste toutefois conditionné à un accord de la Commission européenne dans un délai de dix jours, la France faisant valoir une mesure de protection sanitaire relevant du cadre européen.
Les produits visés par l’annonce sont principalement des fruits, mais la liste évoquée inclut aussi d’autres denrées. Sébastien Lecornu a cité des avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins et pommes « d’Amérique du Sud ou d’ailleurs », et a également mentionné des melons, cerises, fraises ou pommes de terre qui ne pourraient plus entrer en France ni être commercialisés si des résidus concernés sont détectés.
Le gouvernement justifie la mesure par la volonté d’empêcher que des substances interdites pour les producteurs européens réapparaissent via les importations. Annie Genevard a défendu sur X une logique d’alignement des produits importés sur les normes applicables en Europe, en rappelant que la France souhaite une application plus stricte des limites de résidus, et a présenté cette décision comme une « première étape » en attendant une réponse européenne.
Selon le Premier ministre, des contrôles renforcés doivent accompagner la suspension, avec l’appui d’une brigade spécialisée chargée de vérifier le respect des normes sanitaires.
