Le groupe français de services informatiques Capgemini envisage la suppression d’environ 2 400 postes en France, soit près de 7 % de ses effectifs nationaux, selon des informations rapportées par l’Agence France-Presse ce mardi 20 janvier. Cette annonce s’inscrit dans un contexte de ralentissement de l’activité, notamment dans le secteur industriel, et d’accélération des investissements liés à l’intelligence artificielle.
Le groupe explique cette réorganisation par une baisse de la demande de certains clients industriels, en particulier dans l’automobile, ainsi que par la nécessité d’adapter ses compétences aux évolutions technologiques. Capgemini indique que ces suppressions de postes doivent permettre de redéployer une partie des salariés vers des « métiers d’avenir », notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la data et du cloud computing.
Selon Libération, la direction privilégierait la mise en place d’un dispositif de rupture conventionnelle collective, reposant sur le volontariat. Le projet, encore à l’étude, doit d’abord être présenté aux représentants du personnel avant l’ouverture de discussions avec les organisations syndicales, précise Le Monde.
Cette annonce intervient alors que Capgemini a enregistré une hausse de 2,9 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre 2025. Malgré cette progression, le groupe fait état d’un net ralentissement de son activité en France et plus largement en Europe, contrastant avec des dynamiques plus favorables sur d’autres marchés.
Avec environ 35 000 salariés en France, Capgemini figure parmi les principaux employeurs du secteur numérique. La réduction envisagée des effectifs illustre les tensions actuelles dans l’industrie des services informatiques, confrontée à la fois à des cycles économiques défavorables et à des transformations technologiques rapides.
Le cas Capgemini s’inscrit dans un mouvement plus large. L’essor de l’intelligence artificielle et de l’automatisation a déjà conduit à des suppressions de postes significatives dans plusieurs grandes entreprises, notamment aux États-Unis mais aussi en Europe. Des groupes comme Amazon, Nestlé ou UPS ont engagé ces dernières années des plans de restructuration visant à intégrer davantage de technologies automatisées dans leurs processus.
D’après certains analystes, le fait qu’Amazon ait éliminé 14 000 postes pourrait être le signe de changements structurels plus importants à venir. Cela pourrait bien croître au cours des prochaines années alors que les entreprises s’efforcent de rentabiliser les lourds investissements réalisés dans le domaine de l’intelligence artificielle.
