samedi 17 janvier 2026
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« La lecture m’a sauvé quand je n’avais rien » : le rappeur FRS Taga publie son premier roman, L’Usine

par Rédaction Figures Publiques
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Le rappeur FRS Taga, de son vrai nom Robin Conche, publie son premier roman intitulé L’Usine. Ce texte d’autofiction s’inspire directement de ses années passées à enchaîner les contrats d’intérim dans l’industrie et met en scène le quotidien d’un ouvrier confronté à la répétition du travail et à l’isolement social.

Âgé de 29 ans, l’artiste vivait encore récemment au rythme de l’usine. Une expérience qu’il évoquait déjà dans ses textes de rap et qu’il développe désormais dans un récit littéraire centré sur le personnage de Francis, dont le parcours reprend de nombreux éléments de sa propre trajectoire. L’écriture est née dans un contexte de souffrance professionnelle et d’isolement, comme il l’explique dans un entretien accordé à France Inter.

Il décrit des journées de travail pouvant aller jusqu’à douze heures, suivies de soirées consacrées à l’écriture pour éviter l’épuisement psychologique. Selon lui, ce travail d’écriture répondait à un double besoin : tenir face à la pression du quotidien et témoigner d’un monde industriel souvent méconnu. Il explique avoir voulu rendre visible une réalité vécue par de nombreux ouvriers, marquée par la répétition des tâches et la perte de confiance en soi.

Interrogé sur les conséquences de ses années passées à l’usine, Robin Conche évoque des séquelles durables, notamment une remise en question de ses capacités et le sentiment d’être réduit à une fonction productive. Il décrit un environnement où les travailleurs ont le sentiment de ne pas avoir d’avenir en dehors de la chaîne de production, et où les compétences personnelles sont peu reconnues.

Son travail musical et littéraire s’inscrit dans un héritage familial et territorial. Originaire de Saint-Étienne, ville marquée par une forte histoire industrielle, il rappelle que son grand-père était mineur et que son père a travaillé comme tourneur-fraiseur avant d’enchaîner les missions d’intérim. Cette dimension prolétaire traverse à la fois son EP Prolétaire et son roman L’Usine.

L’auteur indique également avoir déjà écrit deux autres romans, encore inédits. Il confie toutefois éprouver des difficultés à se sentir légitime dans le champ littéraire, estimant que la littérature reste souvent associée à des parcours académiques et culturels auxquels il ne s’identifie pas. Cette distance nourrit néanmoins sa volonté de proposer une écriture accessible, ancrée dans un langage simple et direct.

Dans son rapport à la littérature, Robin Conche explique avoir commencé à lire tardivement, autour de l’âge de 20 ans. Il évoque un parcours de lecteur qui l’a conduit des textes religieux à la philosophie, avant de découvrir des auteurs comme Charles Bukowski ou Chuck Palahniuk, qui ont influencé son style. Il revendique une écriture brute, composée de phrases courtes et d’un langage proche de l’oral, qu’il juge plus fidèle à son personnage et plus accessible à un large public.

S’il a quitté l’usine, l’artiste indique vivre encore dans une certaine précarité et s’interroge sur l’avenir de son inspiration. Il affirme toutefois vouloir continuer à s’appuyer sur les parcours de vie qu’il a côtoyés, estimant que ces histoires constituent une ressource durable pour son travail artistique.

L’Usine, premier roman de Robin Conche, alias FRS Taga, est publié aux éditions Jouuue.
En vente sur le site de la FNAC et dans votre libraire préférée.

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