samedi 17 janvier 2026
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Jean-Michel Blanquer met Rimbaud en musique avec une voix générée par l’intelligence artificielle

par Rédaction Figures Publiques
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Invité du « Journal inattendu » sur RTL, Jean-Michel Blanquer a dévoilé une chanson tirée du poème « Sensation » de Rimbaud, interprétée avec sa voix retravaillée par l’IA. Un geste qui s’inscrit dans les débats actuels sur la création artistique et l’usage des technologies de clonage vocal.

Invité du « Journal inattendu » sur RTL samedi 29 novembre, Jean-Michel Blanquer a dévoilé une facette peu connue de sa vie publique: l’écriture de poèmes et de chansons, qu’il dit pratiquer depuis longtemps sans jamais les publier. « J’ai toujours écrit des poèmes et des chansons, même si je n’ai jamais rien publié. J’aime ça », confie l’ancien ministre de l’Éducation nationale au micro de Stéphane Boudsocq.

Au cours de l’émission, l’ex-ministre a fait écouter pour la première fois l’une de ses compositions, intitulée « Comme une femme » ou « Comme avec une femme » selon les reprises médiatiques. Le texte reprend le poème « Sensation » d’Arthur Rimbaud, issu des Cahiers de Douai. RTL précise que les paroles sont tirées du poème écrit en 1870, quand Rimbaud a 15 ans, un texte souvent présenté comme l’expression d’une quête de liberté et de communion avec la nature.

Fait notable, ce n’est pas la voix brute de Jean-Michel Blanquer que les auditeurs entendent, mais une version retravaillée par un outil d’intelligence artificielle. « C’est un peu ma voix que vous entendez, mais elle aussi retravaillée par l’intelligence artificielle », explique-t-il à l’antenne, en décrivant l’usage d’un « petit logiciel » pour aboutir au résultat diffusé dans l’émission.

L’ancien ministre assume clairement l’expérimentation technologique. Il reconnaît que « l’émergence de l’intelligence artificielle crée des peurs, des inquiétudes et des périls, y compris chez les artistes, mais également des opportunités », et se place lui-même dans cette logique de test des nouvelles possibilités offertes par ces outils.

Cette incursion musicale intervient dans un contexte plus large où les usages créatifs de l’IA interrogent le monde culturel. Un rapport publié en 2024 par Artcena sur l’impact de l’IA sur les auteurs relève que 45 % des artistes interrogés estiment que le recours aux IA génératives a déjà influé négativement sur leurs rémunérations, et près d’un tiers sur le nombre de projets demandés ou les délais de livraison. Des cabinets spécialisés en droit du numérique rappellent également que l’imitation de styles ou de voix et la réutilisation d’œuvres protégées posent des questions de droit d’auteur et de confusion possible sur l’identité de l’artiste.

Dans le cas présent, Jean-Michel Blanquer s’appuie sur un poème du domaine public et sur sa propre voix comme matière première. Mais le geste – un ancien ministre mettant en musique Rimbaud avec une voix clonée par IA – s’inscrit au croisement de plusieurs débats actuels: la place des anciens responsables politiques dans l’espace médiatique, l’usage de la poésie classique dans la culture populaire et les frontières, encore mouvantes, de la création « assistée » par machine.

Les premières reprises de l’extrait, notamment sur RTL et dans des articles relayés par Yahoo Actualités, mettent surtout en avant la dimension inattendue de cette « carrière parallèle » de l’ancien ministre, qui dit avoir déjà écrit une chanson avec Didier Barbelivien sans jamais la rendre publique. La diffusion sur une grande radio nationale de cette composition, même en quelques dizaines de secondes, contribue néanmoins à normaliser l’usage de voix générées par IA dans un format grand public.

Pour l’instant, aucune polémique majeure n’a émergé autour de ce morceau, mais l’épisode illustre la vitesse à laquelle ces outils se banalisent, y compris chez des personnalités institutionnelles. Entre exercice de style personnel, curiosité technologique et signal envoyé au monde culturel, ce « Rimbaud augmenté » par IA dit quelque chose de l’époque: la porosité croissante entre expérimentation artistique, innovation numérique et communication politique.

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