Le président de la République Emmanuel Macron a indiqué que la France pourrait déployer « plusieurs milliers » de soldats en Ukraine dans le cadre d’une mission de maintien de la paix, après un éventuel cessez-le-feu avec la Russie. Cette hypothèse s’inscrit dans une initiative internationale portée par une coalition de pays alliés.
A l’issue d’une réunion avec les alliés de l’Ukraine, Emmanuel Macron a évoqué mardi soir, lors d’un entretien accordé à France 2, la possibilité d’un déploiement de soldats français sur le sol ukrainien après la fin des combats. Selon le chef de l’Etat, « plusieurs milliers » de militaires pourraient être engagés dans le cadre d’opérations extérieures, une fois un cessez-le-feu conclu.
Le président a tenu à préciser que ces forces n’auraient pas vocation à participer aux combats. « Ce ne sont pas des forces qu’on engage au combat », a-t-il déclaré, évoquant une mission de stabilisation et de maintien de la paix. Le contrôle du respect du cessez-le-feu serait assuré par des mécanismes de surveillance associant l’Ukraine, les pays de la coalition et les Etats-Unis.
Cette prise de position intervient dans un contexte de rapprochement diplomatique entre Européens et Américains. Réunis à Paris, les dirigeants de la quasi-totalité des pays européens, ainsi que du Canada, de l’OTAN et de l’Union européenne, ont participé à une réunion de la « Coalition des volontaires », en présence de représentants des Etats-Unis.
Selon la présidence française, cette coalition est parvenue à une déclaration d’intention conjointe portant sur le déploiement d’une force multinationale en Ukraine après un cessez-le-feu. Cette force serait conduite par les Européens et soutenue par les Etats-Unis, avec pour objectif d’apporter des garanties de sécurité jugées « robustes » aux autorités ukrainiennes.
Emmanuel Macron a présenté cette déclaration comme une « avancée considérable », soulignant qu’elle marque pour la première fois une convergence opérationnelle entre les alliés européens, les Etats-Unis et l’Ukraine. Le texte prévoit notamment des mécanismes de surveillance du cessez-le-feu placés sous leadership américain, ainsi que des dispositifs de solidarité et d’intervention en cas de nouvelle attaque russe.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué des documents qu’il juge « substantiels », tout en rappelant que plusieurs points demeurent en discussion, notamment la question des concessions territoriales réclamées par Moscou. De son côté, l’émissaire américain Steve Witkoff a estimé que les garanties de sécurité étaient « en grande partie finalisées », affirmant que l’objectif était de permettre une fin durable du conflit.
Près de quatre ans après le début de l’invasion russe de février 2022, cette initiative reste toutefois conditionnée à la conclusion d’un cessez-le-feu, dont les modalités et le calendrier demeurent incertains.
