Le ramadan 2026 a commencé avec deux dates différentes en France, selon les instances religieuses. Cette divergence pourrait-elle se reproduire pour l’Aïd-El-Fitr, la fête marquant la fin du jeûne ? Explications sur les méthodes de calcul et les enjeux pour les musulmans de France.
Deux dates de début, une incertitude pour la fin
Le ramadan 2026 a débuté avec une divergence inédite depuis plus de dix ans : le Conseil français du Culte musulman (CFCM) a annoncé un début le jeudi 19 février, tandis que la Grande mosquée de Paris a retenu le mercredi 18 février, après une Nuit du doute organisée le 17 février. Cette différence soulève une question : l’Aïd-El-Fitr, qui marque la fin du ramadan, aura-t-elle aussi deux dates ? Pour l’instant, aucune annonce officielle n’a été faite par la Grande mosquée de Paris. Le CFCM, lui, a d’ores et déjà fixé la fin du ramadan au 20 mars 2026.
Pourquoi ces divergences ?
Les désaccords proviennent des méthodes utilisées pour déterminer le début et la fin du ramadan :
Le CFCM s’appuie sur des calculs astronomiques pour prévoir l’apparition du premier croissant de lune.
La Grande mosquée de Paris, elle, combine observation visuelle du croissant lunaire et calculs, selon une tradition plus ancienne. Cette année, la Nuit du doute (une réunion pour observer la lune et décider du début ou de la fin du ramadan) n’a pas encore eu lieu pour l’Aïd-El-Fitr. Elle interviendra quelques jours avant le 20 mars, date prévue par le CFCM. Une nouvelle divergence n’est donc pas exclue.
L’Aïd-El-Fitr : une fête de rupture et de solidarité
L’Aïd-El-Fitr, ou « fête de la rupture du jeûne », marque la fin du ramadan et le début du mois de Chawwal, le dixième mois du calendrier musulman. Les croyants se retrouvent à la mosquée pour une prière collective, suivie d’un repas festif (le midi ou le soir). Cette fête est aussi l’occasion de manifester la solidarité envers les plus démunis, notamment via la Zakat al-Fitr (aumône de la rupture du jeûne). Celle-ci doit être versée « au plus tard avant la prière de l’Aïd », selon le CFCM, et n’est pas réservée aux musulmans.
Le ramadan en France : un pilier de l’islam dans un contexte pluriel
Le ramadan est l’un des cinq piliers de l’islam. Pendant ce mois, les musulmans pratiquants s’abstiennent de manger, boire, fumer et avoir des relations sexuelles de l’aube au coucher du soleil. En 2026, le ramadan coïncide avec le Carême chrétien, qui débute le Mercredi des Cendres. La France compte entre 5 et 6 millions de musulmans (pratiquants et non-pratiquants), selon des études du Pew Research Center, de l’Institut Montaigne, de l’Insee et de l’Ined. Cette communauté, l’une des plus importantes d’Europe, vit ces divergences de dates comme un défis d’unité et de représentation religieuse.
