L’agence fédérale Immigration and Customs Enforcement (ICE) fait l’objet de vives critiques après le décès de deux personnes en janvier 2026. Renee Nicole Good, une femme de 37 ans, a été abattue par un agent de l’ICE le 8 janvier à Minneapolis. Le 24 janvier, Alex Pretti, également âgé de 37 ans, a lui aussi été abattu lors d’une intervention des autorités fédérales.
Le nord des Etats-Unis, et tout particulièrement l’Etat du Minnesota, est marqué par un déploiement important de l’ICE. Cette situation génère l’organisation de nombreuses protestations locales. Dans ce contexte, le témoignage du Français Julien Pereira décrit les méthodes d’intervention de cette police chargée de l’immigration.
Julien Pereira arrive aux Etats-Unis à 17 ans pour ses études et le tennis de haut niveau. Sous couvert d’un visa étudiant, il réside plus de sept ans dans le pays, y obtient son diplôme et décroche un emploi dans le Connecticut. Cependant, le club de tennis qui l’emploie rencontre des difficultés lors du renouvellement de son visa. Le jeune homme se voit alors contraint de rejoindre le Canada en attendant la régularisation de sa situation, rapporte-t-il selon France Info.
Interpellé à la frontière américaine par la Customs and Border Protection, il est considéré comme étant en situation irrégulière. Il est alors menotté et transféré à Batavia, près de Buffalo dans l’Etat de New York, au sein d’un centre de détention fédérale d’après Radio France. Après le versement d’une caution de 5 000 dollars, il est contraint au port d’un bracelet électronique. Il n’est autorisé à regagner la France que le 15 avril 2025. Se trouvant sans ressources ni documents, il bénéficie de l’aide d’une association locale, rapporte 20 Minutes.
Il décrit des conditions de détention éprouvantes, des dortoirs surpeuplés et une négligence envers les détenus. « J’ai perdu 7 kg en un mois », confie-t-il au micro de Hajera Mohammad pour France Info. Désormais interdit de territoire américain pendant cinq ans après y avoir bâti sa vie, il a choisi de témoigner pour dénoncer les dérives de l’ICE et un système qu’il juge inhumain.
