samedi 17 janvier 2026
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Marseille, terrain d’épreuve pour l’exécutif : Macron revient mesurer « Marseille en grand » et afficher sa ligne anti-narcotrafic

par Rédaction Figures Publiques
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Le chef de l’État est attendu ce mardi 16 décembre à Marseille pour une séquence dense mêlant sécurité, bilan du plan « Marseille en grand » et débat sur les réseaux sociaux. Son agenda prévoit d’abord un échange avec des lecteurs de La Provence autour de « la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux », puis l’inauguration d’un commissariat et une visite liée à l’extension des Baumettes, dans une ville meurtrie par les homicides liés aux trafics et où l’exécutif promet une « bataille » de longue haleine. L’Élysée a confirmé le déplacement et affiche, à la veille de la venue présidentielle, l’état d’avancement du plan lancé en 2021.

Sur la forme, Emmanuel Macron entend poursuivre ses rencontres citoyennes consacrées à la régulation des plateformes et à l’âge d’accès des mineurs. L’étape marseillaise, cinquième du cycle, est annoncée comme un moment de pédagogie sur l’usage des réseaux et leurs effets démocratiques. Le format, public et interactif, est porté par la présidence comme un outil d’explication et de réponse aux inquiétudes exprimées lors des précédentes étapes.

Sur le fond, le dossier sécurité s’impose. Depuis l’assassinat de Mehdi Kessaci le 13 novembre, l’exécutif a multiplié les réunions de suivi à l’Élysée et affiché un cap répressif renforcé. Les homicides liés aux trafics ont fait de Marseille un symbole national de la violence narco, sur fond de recomposition des réseaux et de rivalités de clans. Plusieurs enquêtes de presse ont documenté ces affrontements, notamment la montée en puissance de la « DZ Mafia » face à d’autres groupes, toile de fond d’une conflictualité criminelle qui a frappé la ville ces dernières années.

L’exécutif met en avant un faisceau de « mesures d’entrave » pour assécher les réseaux: renforts policiers et judiciaires, durcissement des régimes de détention pour les principaux acteurs du trafic, coopération accrue des services spécialisés. Sur ce point, la création de quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) au sein de plusieurs établissements pénitentiaires est présentée comme un levier pour empêcher les commanditaires d’orchestrer leurs activités depuis la prison. La circulaire de 2024 et les premières mises en œuvre décrivent un encadrement carcéral plus strict, ciblé sur les profils les plus dangereux.

Le cœur de la visite touche aussi à « Marseille en grand ». L’Élysée revendique 5 milliards d’euros d’engagements de l’État et assure que « plus de 60 % des crédits » sont désormais engagés, avec des livraisons d’écoles, des chantiers d’infrastructures et des renforts humains dans les services publics, même si des séquences restent à sécuriser financièrement et calendaires. Ce cadrage officiel intervient un an après un rapport au vitriol de la Cour des comptes qui pointait un « suivi indigent » et un manque de cohérence dans la conduite du plan. Le gouvernement plaide, lui, la progression des chantiers et la continuité de l’effort.

Dans le bloc mobilité, la modernisation du nœud ferroviaire marseillais et l’extension de Saint-Charles constituent un autre marqueur. Le dossier prévoit des aménagements lourds, dont une gare souterraine et la reconfiguration d’accès métropolitains, pour un budget évalué à environ 3,6 milliards d’euros selon plusieurs documents publics et opérateurs du secteur. C’est l’un des volets structurants par lesquels l’exécutif veut illustrer l’ambition métropolitaine du plan et la volonté de désenclaver les flux.

La séquence marseillaise intervient, enfin, dans un climat politique où la demande locale est double: des résultats tangibles sur la sécurité et des preuves visibles dans les quartiers populaires sur l’école, la santé et la mobilité. Les autorités soulignent l’augmentation des effectifs depuis 2021 et la dynamique de chantiers, tandis que les critiques rappellent les alertes de la Cour des comptes et le décalage perçu, sur le terrain, entre annonces et effets. L’arbitrage, à ce stade, se fait à l’aune de deux réalités concomitantes: une baisse récente des homicides par rapport aux pics de 2023, mais un sentiment d’insécurité persistant et la nécessité de résultats judiciaires plus nombreux et plus rapides contre les têtes de réseaux. elysee.fr

Au-delà du bilan d’étape, l’exécutif joue à Marseille une cohérence de stratégie: tenir simultanément la répression des filières, la modernisation des services publics et une parole publique ferme sur l’ordre, tout en assumant une régulation plus exigeante des plateformes numériques. La journée dira si le message passe auprès d’une ville échaudée, devenue le test national d’une promesse régalienne qui ne peut qu’être jugée aux résultats.


Crédit photo : Laurent Blevennec / Présidence de la République

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