Dans un entretien à Radio J diffusé ce dimanche, Emmanuel Macron a clairement positionné La France insoumise (LFI) à l’extrême gauche, tout en dénonçant des « expressions antisémites » au sein du mouvement. Une prise de parole qui s’inscrit dans un contexte de tensions politiques et de montée des discours de haine.
« Il n’y a pas tellement de mystère » : LFI classée à l’extrême gauche
« Je crois qu’il n’y a pas tellement de mystère pour dire qu’ils sont à l’extrême gauche », a déclaré le chef de l’État, répondant à une question sur la classification de LFI. Cette position fait écho à une circulaire du ministère de l’Intérieur, publiée il y a une dizaine de jours, qui qualifie pour la première fois le parti de Jean-Luc Mélenchon comme un mouvement d’extrême gauche pour les élections municipales. Une décision qui avait suscité des protestations, notamment de la part d’Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste.
Des « expressions antisémites » à combattre
Emmanuel Macron a également pointé du doigt « des expressions antisémites qui émergent » au sein de LFI, « qui doivent être combattues ». « Je constate que dans les positions qu’ils prennent, en particulier sur l’antisémitisme, ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République », a-t-il précisé.
Le président a rappelé que cette vigilance s’applique aussi au Rassemblement national (RN), où « des parlementaires défendent des idées contraires aux principes républicains ». « Il faut combattre ces dérives d’où qu’elles viennent », a-t-il insisté.
Une loi contre l’antisémitisme en préparation
Vendredi, lors de l’hommage à Ilan Halimi, jeune juif torturé et assassiné en 2006, Emmanuel Macron a dénoncé « l’hydre antisémite » qui « s’immisce dans chaque interstice de la société ». Il a annoncé vouloir instaurer une « peine d’inéligibilité obligatoire » pour les élus coupables « d’actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires ».
« Le gouvernement va présenter un tel texte », a-t-il affirmé sur Radio J, se disant « confiant » qu’il puisse être voté avant 2027.
Réponse à Bruno Retailleau sur « les dérives de l’État de droit »
Interrogé sur les récents propos de Bruno Retailleau (LR), qui évoquait « les dérives de l’État de droit », Emmanuel Macron a mis en garde : « Il faut parfois changer des règles, donc l’état du droit, mais il faut faire très attention à l’État de droit, car il nous garantit la possibilité de vivre libre et ensemble ».
« Les problèmes de la France peuvent être traités en respectant les contre-pouvoirs », a-t-il ajouté, rejetant l’idée de « mettre en l’air notre Constitution » pour résoudre les défis actuels.
Silence sur la mort de Quentin, militant d’extrême droite
Le chef de l’État n’a en revanche pas évoqué dans cet entretien la mort de Quentin, un militant nationaliste de 23 ans, passé à tabac jeudi soir à Lyon lors d’affrontements entre extrême droite et extrême gauche en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan. Il s’était contenté de réagir samedi sur les réseaux sociaux : « En République, aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l’on tue ».
